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Cherbourg : Naval Group souhaite louer l’ancienne usine OpenHydro

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Cherbourg : Naval Group souhaite louer l’ancienne usine OpenHydro

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En lieu et place des hydroliennes pour lesquelles elle avait été édifiée mais qui n’y ont jamais vu le jour, l’ancienne usine OpenHydro de Cherbourg pourrait être recyclée dans la fabrication d’équipements de sous-marins. Le chantier voisin de Naval Group, qui est à la recherche de surface supplémentaires, est en effet en train de négocier la location à long terme du site avec son propriétaire, la SHEMA, société d’économie mixte dédiée au développement économique de la région Normandie. L’industriel, qui confirme ces « pourparlers », se fixe comme objectif d'aboutir « d’ici la fin du trimestre » afin manifestement d’y débuter rapidement son activité si un accord est conclu.

L’idée est de profiter de cette emprise de 5900 m², dont 5500 couverts, pour servir à Naval Group de zone de stockage, mais aussi et surtout d’atelier supplémentaire pour équiper les berceaux qui sont intégrés dans les coques des bâtiments qu’il construit. Car le chantier cherbourgeois, qui s’étend sur 50 hectares et travaille actuellement sur les six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) du type Barracuda de la Marine nationale, doit accroître ses capacités en prévision de la montée en puissance du programme des quatre futurs sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G), dont la réalisation débutera dans les toutes prochaines années. Or, le volume de travail sur un SNLE représente environ trois fois celui d’un SNA. De plus, Naval Group va devoir moderniser son site, reconstruit dans les années 80 au moment du programme des SNLE de seconde génération (les Triomphant). Et compenser la perte de certains ateliers (mécanique, électricité, équipements) qui ont servi pour les Triomphant mais, comme ils se trouvaient dans la partie nord de l’arsenal rétrocédée dans les années 2000 à la marine, l’industriel ne peut plus compter dessus.

 

Le site Naval Group de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

Le site Naval Group de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

Le site Naval Group de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

Le site Naval Group de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

 

Dans cette perspective, au cours des cinq prochaines années, plus de 100 millions d’euros vont être investis par Naval Group pour améliorer la productivité de son chantier : nouveaux outils, réaménagement et optimisation des flux, amélioration des processus industriels, digitalisation et fabrication additive… Et pour y parvenir, il faut des surfaces supplémentaires, ne serait-ce que pour compenser l’immobilisation de celles qui seront progressivement modernisées. Parmi les options sur la table, la location de l’ancienne usine OpenHydro, qui avait été développée par la défunte filiale de Naval Group spécialisée dans les hydroliennes, est rapidement disponible et facilement transformable en nef industrielle supplémentaire, est vite apparue comme une évidence. Le site est en effet de grande taille, il est neuf et le terrain sur lequel il est implanté (appartenant à Ports de Normandie) est situé sur une emprise portuaire répondant aux normes de sûreté ISPS. Ce qui solutionne déjà une partie des questions de sécurité relatives aux activités que Naval Group pourrait y mener. L’usine est en plus située au bord de la rade, avec un accès direct aux nouveaux quais lourds du port, ce qui faciliterait les transferts d’équipements par barges avec le chantier. Si Naval Group et la SHEMA parviennent à un accord, l’activité pourrait rapidement débuter, moyennant quelques adaptations de l’usine à sa nouvelle fonction.  

 

L'ex-usine OpenHydro de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

L'ex-usine OpenHydro de Cherbourg (© NAVAL GROUP)

 

Ce bâtiment de 150 mètres de long pour 37 mètres de large et 20 mètres de hauteur est équipé de deux moyens de levage d’une capacité de 87 tonnes. Conçue initialement pour assembler jusqu’à 25 hydroliennes de 2 MW par an, cette usine dont la construction a nécessité 10 mois de travaux avait été inaugurée en juin 2018. Mais quelques semaines plus tard, la maison-mère d’OpenHydro, Naval Energies - société commune de Naval Group (55%) et Bpifrance, associés à Technip et BNP Paribas - annonçait à la surprise générale, le 25 juillet, sa décision d’abandonner les hydroliennes. Cela, faute de perspectives probantes à court terme pour l’entreprise et les machines qu’elle avait développées à grands frais (250 millions d’euros investis en 10 ans dans cette activité, majoritairement financés par Naval Group). L’annonce avait été très mal prise à l’époque, en particulier par les collectivités territoriales qui s’étaient fortement engagées dans le développement d’un pôle hydrolien à Cherbourg. Dans cette perspective, la location du site aurait aussi le mérite de tourner concrètement la page de cette affaire rocambolesque en trouvant une utilité industrielle au site. Quant aux terrains laissés disponibles à l'époque pour une éventuelle extension d'OpenHydro, ils pourraient être récupérés pour développer les capacités de l'usine voisine de LM Wind Power dédiée à la fabrication de pales d'éoliennes. 

 

Port de Cherbourg Naval Group (ex-DCNS)