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L’Italie va-t-elle vendre deux de ses FREMM à l’Egypte ?

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L’Italie va-t-elle vendre deux de ses FREMM à l’Egypte ?

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Ce n’est pas un secret, l’Italie cherche depuis plusieurs années à vendre des bâtiments de surface à l’Egypte, Fincantieri ayant notamment proposé à ce pays des frégates multi-missions. Cela, alors que la marine égyptienne a déjà acquis en 2015 une FREMM française, l’ex-Normandie devenue Tahya Misr. Naval Group, qui a par ailleurs vendu quatre corvettes du type Gowind à ce client, espérait voir la marine égyptienne commander une seconde frégate et deux corvettes supplémentaires. Mais ces contrats ne se sont pas concrétisés. D’un côté, Le Caire, après avoir commandé quatre sous-marins à TKMS, a de nouveau choisi l’option allemande pour de nouvelles frégates légères. Au printemps dernier, Berlin a ainsi approuvé la vente à l’Egypte de six unités du type Meko A-200, un modèle déjà en service en Afrique du sud et en Egypte. D’un autre côté, Rome continue de pousser ses pions. Mais ce ne serait finalement plus pour des FREMM neuves, du moins spécialement construites à cet effet.

Selon des medias italiens, il s’agirait désormais de vendre des bâtiments déjà réalisés pour la Marina militare, pour laquelle Fincantieri a produit dix FREMM. Le gouvernement aurait donné son aval et le montage financier est en cours. La Cdp, équivalent italien de la Caisse des dépôts et consignations française, se serait réunie la semaine dernière pour examiner l’octroi d’une garantie à hauteur de 500 millions d’euros, avec l’implication de la Sace, qui à l’instar de Bpifrance Assurance Export (qui a succédé à la Coface en 2017) en France assure les crédits à l’exportation.

Aucune déclaration officielle n’est pour le moment intervenue du côté gouvernemental ou industriel, mais il n’y a pas non plus eu de démenti. Rome en est sans doute encore au stade des négociations avec Le Caire, ce qui peut se traduire, comme on l'a déjà vu dans le passé, par des processus souvent longs et incertains. 

Concernant les bâtiments italiens qui pourraient être cédés à l’Egypte, on évoque de l’autre côté des Alpes les deux plus récentes FREMM de la Marina militare : le Spartaco Schergat, qui achève ses essais et doit prochainement entrer en service, ainsi que l’Emilio Bianchi, qui vient tout juste d’être mis à l’eau et doit être opérationnel en 2021.

Ces deux frégates de 144 mètres et 6900 tonnes de déplacement en charge sont conçues pour mettre en œuvre 8 missiles antinavire Otomat, 16 missiles surface-air Aster, un canon de 127mm, une tourelle de 76mm, deux canons de 25mm et des torpilles MU90. Elles peuvent embarquer un hélicoptère et déployer de grands semi-rigides d’intervention, dont un via une rampe par le tableau arrière. Les Schergat et Bianchi font partie des six FREMM italiennes adoptant la version dite d’emploi général, les quatre autres étant spécialisées dans la lutte anti-sous-marine (avec sonar remorqué Captas 4 et missiles Milas notamment).

Dans un contexte budgétaire contraint, la vente de deux des dix FREMM de la Marina militare, si elle se concrétise, pourrait générer des marges de manœuvre pour financer d’autres programmes de la flotte italienne. Celle-ci est en effet en pleine phase de renouvellement de ses moyens. Après les FREMM, l’heure est à la construction d’un porte-hélicoptères d’assaut et de sept Pattugliatore Polivalente d’Altura (PPA). Pour la suite, il y a notamment en projet deux grands bâtiments (DDX) d’environ 10.000 tonnes taillés pour la défense antimissile balistique qui sont étudiés dans le cadre de la succession des destroyers Luigi Durand de la Penne et Francesco Mimbelli, opérationnels depuis 1993. Des réflexions sont également en cours avec la France pour développer une nouvelle corvette, programme que souhaite porter Naviris, la nouvelle société commune de Fincantieri et Naval Group.

 

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