Marine Marchande
Brittany Ferries se lance dans le ferroutage au départ de Cherbourg
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Brittany Ferries se lance dans le ferroutage au départ de Cherbourg

Marine Marchande

C’est un projet ambitieux que Brittany Ferries veut engager avec prudence. Il s’agit d’une liaison ferrée pour des remorques non accompagnées, entre Cherbourg et Bayonne. Elle permettra de diversifier son offre avec laquelle elle assure déjà 35 % des flux de poids lourds entre les îles britanniques et la péninsule ibérique. Début de l’exploitation prévue en avril 2021.

D’ici là, il faudra procéder à un certain nombre d’investissements et choisir quelques sous-traitants. La région Normandie va financer à hauteur de sept millions d’euros (dont 1,4 de contribution européenne) l’aménagement du terminal multimodal du port de Cherbourg. C’est Brittany Ferries qui prend à sa charge l’équipement du port de Mauguerre, dans l’agglomération de Bayonne. Entre les deux, 950 kilomètres de voies ferrées, sur lesquelles SNCF Réseau s’engage à réaliser les travaux d’infrastructures nécessaires à cette nouvelle activité.

« Les trois premières années d’exploitation seront probablement déficitaires. »

En vitesse de croisière, un aller-retour quotidien est prévu, avec un train de 750 mètres de long. L’objectif étant de l’ordre de 20 000 remorques ainsi acheminées, chaque année. Brittany Ferries va utiliser des wagons de type LOHR, permettant de charger tout type de remorques et compatibles avec les tunnels ferroviaires. Avec cette nouvelle offre, l’armateur breton s’adresse plus particulièrement aux transporteurs de matériel industriel, dont les clients sont de plus en plus sensibles à l’argument environnemental. Brittany Ferries évoque, pour sa part, un investissement global de l’ordre de 30 millions d’euros. « Les trois premières années d’exploitation seront probablement déficitaires », admet Jean-Marc Roué, le président de son Conseil de surveillance.

« Mais elles nous permettront de mieux séquencer la capacité de nos navires. Même si nous ne représentons que 4 % du trafic des cinq millions de camions annuels sur le fret transmanche, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas être équipés des mêmes outils que les autres ». La prochaine étape consiste à choisir l’entreprise assurant l’exploitation de cette liaison de fret ferrée. Et d’espérer que la SNCF tiendra ses engagements s’agissant de la disponibilité de ses « sillons ».

Ardent défenseur de projet, Hervé Morin, le président de la région Normandie, y voit une illustration des efforts des collectivités en faveur de l’activité portuaire. Il les oppose à la faiblesse des investissements consentis par l’État à ce titre. « C’est la raison pour laquelle j’ai proposé un schéma radicalement différent afin que tous les ports français soient gérés par les collectivités territoriales », affirme-t-il. « Même si porter ces transformations n’est pas un chemin social très facile. Car nous ne pouvons plus être soumis à des arbitrages qui demandent plusieurs années ».

Un article de la rédaction du Télégramme

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