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Lancement du nouveau navire océanographique belge

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Lancement du nouveau navire océanographique belge

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Cela fait plus de 40 ans que la marine belge n’a pas vu le lancement d’un navire aussi important. C’était en 1977, lorsque les anciens chantiers Boelwerf de Temse et Cockerill d’Anvers (Hoboken) mirent à l’eau les Wandelaar et Westhinder, deux des quatre anciennes frégates du type E71. Cette fois, l’évènement ne s’est pas déroulé en Belgique mais en Espagne, au chantier Freire de Vigo, qui a procédé le 11 février au lancement du nouveau Belgica.

 

Le nouveau Belgica lors de son lancement à Vigo (© : 

Le nouveau Belgica lors de son lancement à Vigo (© : MINISTERE BELGE DE LA DEFENSE)

 

Ce navire, dont l'armement va désormais se poursuivre à flot, mesure 70 mètres de long pour 16 mètres de large. Livrable au denier trimestre de cette année, il est appelé à succéder au navire hydrographique éponyme, unité de 51 mètres en service depuis 1984. 

 

L'actuel Belgica (© : 

L'actuel Belgica (© : MICHEL FLOCH)

 

C’est en décembre 2017, à l’issue d’un appel d’offres international, que le constructeur espagnol Freire a été retenu pour réaliser ce bateau. Sa conception a été confiée aux bureaux d’études norvégiens de Rolls-Royce (repris depuis par Kongsberg), donnant naissance au design UT 844 WP. Le contrat est entré en vigueur en 2018 et le Belgica a été mis sur cale il y a un peu moins d’un an.

D’un coût de 55 millions d’euros, ce projet est le fruit d'une collaboration entre l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB), le ministère de la Défense et la Politique scientifique fédérale (BELSPO). La marine belge fournira une partie de l’équipage du Belgica, qui sera conduit par une douzaine de marins (les militaires étant détachés auprès de l’IRSNB) et pourra accueillir en plus jusqu’à 28 scientifiques. Son soutien technique sera assuré par la Défense depuis la base navale de Zeebrugge. L’armement de ce navire par un équipage civilo-militaire constitue une nouveauté qui a entrainé une évolution du code belge de la navigation. A ainsi été créé l’été dernier le statut de « navire de souveraineté » dans lequel peuvent être intégrés les navires auxiliaires de la marine. Cette évolution permet à la Belgique de disposer d’un cadre règlementaire voisin de ce que l’on trouve par exemple au Royaume-Uni avec la Royal Fleet Auxiliary.

 

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(© : ROLLS-ROYCE)

 

Capable de naviguer à 13 nœuds et offrant une autonomie d’un mois, le navire est conçu pour pouvoir effectuer 300 jours de mer par an. Par rapport à l’ancien Belgica, la surface des laboratoires a été doublée pour atteindre 400 m². Il pourra effectuer des mesures et prélèvements jusqu’à 5000 mètres de profondeur, l'un de ses sondeurs multifaisceaux, l'EM304, pouvant même travailler jusqu'à 8000 mètres. En plus des équipements et senseurs traditionnels, le bateau sera capable de mettre en œuvre des robots télé-opérés ainsi que des drones. Il sera à même de conduire des études dans les domaines de l’hydrographie, de la géologie avec des moyens sismiques, de la sédimentologie, de la recherche halieutique, de la biologie, de la chimie, de l’océanographie et de la météorologie (voir le détail précis des équipements).

 

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(© : ROLLS-ROYCE)

 

Sa coque est légèrement renforcée pour pouvoir mener des campagnes de recherche en zone arctique durant l’été. « Bien que la mer du Nord restera sa principale zone de prospection, sa recherche s'étendra plus loin que l'actuel Belgica. À savoir : vers le nord jusqu'au-dessus du cercle arctique, vers le sud en incluant la Méditerranée et la mer Noire et vers l'ouest jusqu'à l'océan Atlantique », précise le ministère belge de la Défense, qui ajoute : « Grâce à cette nouvelle version du Belgica et au cadre européen, la Belgique reste à la pointe des sciences et des technologies liées à la mer. Notre pays contribue ainsi au maintien du positionnement de l'Europe en tant que leader mondial dans le domaine des sciences et de l'exploration marines ».

 

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