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Un système de nettoyage des ports testé par C TO SEA et IADYS
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Un système de nettoyage des ports testé par C TO SEA et IADYS

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Les sociétés françaises C TO SEA et IADYS, toutes deux adhérentes du réseau RespectOcean, ont récemment testé à La Turballe un nouveau système pour nettoyer les ports ou des eaux calmes. Il associe un petit chalut de dépollution Thomsea 1T, commercialisé ou loué par C TO SEA, et deux petits drones de surface Jellyfishbot Iadys, le tirant en bœufs.

(© CTOSEA

(© CTOSEA)

« Le petit chalut, le 1T, me paraissait très complémentaire de leur activité et on a eu l’idée d’associer ces deux savoir-faire », indique Cédric Chupin, dirigeant de C TO SEA. « C’est très efficace. Même si ces outils peuvent fonctionner indépendamment l'un de l'autre, on peut commencer à penser à compléter nos offres, l’un et l’autre en les associant pour les ports ou marinas, par exemple, et faire en sorte que la collecte des déchets soit encore plus efficace ».

Le Jellyfishbot est un petit robot radio-commandé de 18 kilos équipé d’une caméra embarquée et d’un filet. Conçu pour collecter les déchets flottants et hydrocarbures dans les ports, il peut être guidé jusqu’à 400 mètres de portée, nettoyer 1000 m2/h à la vitesse d’un nœud et tourner entre 4 et 8 heures. À La Turballe, premier port de la façade atlantique à avoir investi dans un Jellyfisbot, il doit remplacer l’épuisette manipulée par des saisonniers pendant l’été depuis une barge pour ôter mégots et papiers gras.

Pour être encore plus efficaces, deux Jellyfishbot ont donc été associés à un petit chalut Thomsea. Ces chaluts ont commencé à être développés par Thierry Thomazeau, patron de pêche en Vendée, après le naufrage de l’Erika, en 1999. Brevetés en France, ils ont été vendus dans 17 pays, et ont fait leurs preuves lors des catastrophe du Prestige, ou plus récemment après l’incendie qui a fait sombrer le Grande America.

Plusieurs modèles de chaluts Thomsea existent (chaluts 1T, 2T et 8T). Ils ne nécessitent pas d’outils de pompage ou d’écrémage, seulement un système de levage comme sur les bateaux de pêche. « Le chalut fait quasiment tout », reprend Cédric Chupin, dirigeant de C TO SEA. « C’est un outil de surface qui va collecter la pollution jusqu’à 70 cm sous l’eau. Il va avoir un rôle de concentrateur. Les bateaux, qui vont tirer l’outil, manœuvrent parmi la pollution et la captent tout en avançant. Il y a une poche avec un filet très spécifique. Lorsqu’on la soulève remplie d’hydrocarbures, la maille est faite de telle manière qu’elle va libérer l’eau et ne garder que le polluant. L’avantage de ces chaluts, c’est qu’il faut très peu de moyens pour les utiliser ». Le 2T, par exemple, peut être utilisé avec un zodiac, deux personnes et 50 CV. Avec le plus grand chalut, qui nécessite des moyens plus conséquents (deux bateaux et 250 CV chacun minimum) il est possible de collecter jusqu’à 8 tonnes à chaque chalutage. « Aujourd’hui, il y a environ 400-450 chaluts qui ont été vendus dans le monde, dont un gros 80% à la Marine nationale » et « plusieurs centaines de pêcheurs ont été formés » à leur utilisation.

Ces chaluts peuvent récupérer des hydrocarbures ou du fioul lourd, mais aussi des macro déchets, des algues flottantes et débris, ou encore des déchets plastiques. Cette application connaît d’ailleurs un certain succès, selon C TO SEA qui « s’est entouré de différents partenaires qui peuvent aider à porter des solutions environnementales soit en lien direct avec la collecte de déchets, soit des solutions proches » : « Les déchets plastiques sont le gros du sujet, en ce moment ». Avec l’aide de partenaires, « on va aller former des pêcheurs dans différents endroits du monde pour les inciter à collecter leur pollution, de manière régulière ou ponctuelle. Et aussi leur expliquer que ces déchets récoltés pourront peut-être générer une nouvelle économie vertueuse », en les valorisant par exemple (recyclage en textile, pyrolyse…). « On pense que le monde de la pêche, tôt ou tard, ne pourra plus que pêcher des poissons, mais jouera aussi un rôle dans la dépollution marine », ambitionne Cédric Chupin.

(© CTOSEA

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