Construction Navale
Les chantiers Piriou, CMN, Ocea et Socarenam se mettent à l’arrêt

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Les chantiers Piriou, CMN, Ocea et Socarenam se mettent à l’arrêt

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Il n’y a pas que Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique à être contraints de cesser leur activité en raison de la crise du coronavirus. Le groupe vendéen Ocea, qui emploie actuellement 430 personnes, a fermé les activités de production dans ses quatre sites (Les Sables d’Olonne, Fontenay-le-Comte, Saint-Nazaire et La Rochelle). « Du fait des décisions gouvernementales dans le contexte actuel, Ocea a fermé ses ateliers. Cependant les principaux services de l’entreprise restent actifs et les interlocuteurs habituels restent joignables au moins par email », explique-t-on chez le constructeur.

Idem pour Socarenam, qui a décidé de suspendre l’activité de production de ses cinq chantiers et ateliers (Boulogne, Calais, Etaples, Dunkerque et Saint-Malo), 200 personnes se retrouvant en chômage technique. « Ce n’était plus possible de travailler sereinement », explique Philippe Gobert, directeur général de Socarenam, dans les colonnes de nos confrères de la Voix du Nord.

Même décision en Bretagne chez Piriou, dont les principaux sites se trouvent à Concarneau et Lorient. «Comme décidé mardi matin, l’ensemble de nos sites de production français ont suspendus leurs activités progressivement, chacun au rythme de ses contraintes. Dans chaque structure les fonctions vitales sont maintenues (Direction, RH, Finance, Informatique et Maintenance) par environ 20 personnes. Quand le télétravail est possible et nécessaire, les services maintiennent pour le moment leurs activités en confinement (Bureaux d’études, Commerce, Offres, Projets,..), soit environ 50 personnes. Pour les équipes de production c’est évidemment plus compliqué », précise-t-on chez Piriou. Après avoir épuisé les jours de RTT et de congés en retard, les personnels de production (environ 350 personnes) passeront progressivement au chômage technique. A l’international, les chantiers de Piriou au Vietnam et au Nigéria demeurent opérationnels.

Du côté de CMN (400 salariés, intérimaires et sous-traitants), là aussi le chantier cherbourgeois est contraint et forcé d’arrêter son activité. « Un petit nombre de personnel est en télétravail, d’autres travaillent en roulement à un seul par bureau, ce qui permet d’assurer la continuité de l’entreprise mais la production s’arrête. Les installations sont mises en sécurité et nous aurons des mesures de chômage partiel à partir de lundi », explique-t-on à la pointe du Cotentin. Le constructeur, qui travaille notamment sur le programme des 21 intercepteurs saoudiens, a pu in-extremis charger sur un cargo entre mercredi et jeudi le second lot de trois unités destinées à ce client. La production des 18 autres intercepteurs de ce type produits en transfert de technologie  à Dammam par le groupe Zamil Offshore Services se poursuit, une équipe de CMN étant toujours sur place.

Volontaires ou contraints suite à la pression des personnels ou l’impossibilité de poursuivre le travail en raison du départ de sous-traitants, de l’absence de certains fournisseurs essentiels ou de l’impossibilité d’assurer la sécurité sanitaire dans certaines fonctions, du fait de la configuration des locaux, de la promiscuité ou de l’absence d’équipements adaptés, ces arrêts de production constituent un défi considérable pour ces chantiers. Ils vont en effet avoir un impact économique plus ou moins important selon le temps que durera cette situation, avec aussi parfois des problèmes contractuels, les entreprises n’étant pas toutes certaines de pouvoir faire jouer les clauses de force majeure auprès de leurs clients. Les directions enchainent donc les réunions de crise, plusieurs fois par jour, pour gérer cette situation inédite, entre enjeux sanitaires et nécessité d’assurer la pérennité des sociétés.

Piriou Socarenam OCEA Coronavirus (Covid-19) Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)