Marine Marchande
Lorelay : profonde transformation d’un vraquier polyvalent
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Lorelay : profonde transformation d’un vraquier polyvalent

Marine Marchande

En 1974, le chantier allemand Flender Werft AG établi à Luebeck/Siems livrait à l’armement Bolten le second de deux navires assez particuliers. Il s’agissait du Natalie Bolten, un vraquier à six cales doté de deux portelones sur tribord afin d’embarquer des automobiles. Il pouvait de ce fait transporter simultanément du vrac en fond de cales puis des voitures au dessus des panneaux du faux-pont. Avec des superstructures placées tout à l’arrière, le Natalie Bolten avait un port en lourd de 18748 tonnes. Long de 211 mètres et large de 25,86 pour un tirant d’eau de 9,60 mètres, le vraquier polyvalent allait naviguer sur toutes les mers du monde jusqu’en janvier 1986, aux côtés de l’Erika Bolten son sister-ship. Sa propulsion était alors assurée par un diesel 2 temps GMT – Grandi Motori Trieste – développant 10294 Kw.

Pendant toute l’année 1986, le navire est confié aux chantiers néerlandais de Schiedam qui le transforment totalement. Complètement métamorphosé, on retrouve l’ancien vracquier sous le nom de Lorelay, un navire poseur de pipelines ultra moderne et doté de moyens de positionnement très sophistiqués de 20795 tonneaux de jauge brute. Appartenant à l’armement Allseas, le Lorelay a effectué depuis cette date de nombreux chantiers offshore sur tous les continents.

Exit les superstructures positionnées à l’arrière, exit le moteur GMT, exit les cales….remplacées par d’imposants emménagements sur l’avant, quatre moteurs 4 temps et des équipements techniques sur le pont.

Désormais avec une longueur hors-tout de 236 mètres – en comptant le fall-pipe – sur l’arrière (150 mètres entre perpendiculaires) le Lorelay peut loger 225 personnes – équipage et techniciens – et possède tout en haut des superstructures un hélideck apte à recevoir des appareils de 12,8 tonnes, du type Sikorsky S-61N ou S-92. Sur l’arrière tribord, une grue de 300 tonnes à une portée de 14 mètres permet de lever les tronçons de pipeline qui seront assemblés et soudés à bord avant de les laisser glisser progressivement jusqu’au fond de la mer. Il peut embarquer jusqu’à 8200 tonnes de tronçons avant de rejoindre sa zone de travail. Du côté de la « Machine », ce sont quatre Stork-Werkspoor V16 alimentant chacun un alternateur de 4440 Kw , soit une puissance cumulée de 17460 Kw sous une tension de 3300 volts qui ont été installés. Cette puissance est nécessaire pour alimenter sur l’avant deux Schottel-Lips en tunnels de 2550 Kw et un propulseur azimutal rétractable de 3000 Kw. A l’arrière on trouve deux propulseurs azimutaux Wärtsilä de 5000 Kw puis un Schottel à hélice fixe de 6000 Kw. Le tout est géré par un système de positionnement dynamique Konsberg Class 3 qui lui permet de se maintenir au centimètre près, tout en permettant de naviguer à 16 nœuds. Sur le pont, une ligne de six stations de soudure pour des tuyaux d’un diamètre allant de 2 à 28’’ intérieur (5 à 72 cms) ainsi que trois stations de protection et peinture jouxtent 3 treuils de 55 tonnes de traction.

En ce début d’année 2020, le Lorelay a été amarré le long de la digue de Las Horcas, un petit port artificiel au sud de Santa Cruz de Tenerife (Iles Canaries) dans l’attente de commencer un nouveau chantier.

Marc OTTINI      

Le Natalie Bolten était à sa mise en service un vracquier qui doté de porte-lones sur tribord pouvait embraquer des véhicules. (Photo World Ship Society)

Le Lorelay photographié dans la partie en eaux profondes de la Maasvlakte 2 peu avant son départ vers les îles Canaries.  (Marc Ottini)

(ALLSEAS)