Croisières et Voyages
Ponant : après les passagers, le rapatriement des équipages a débuté

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Ponant : après les passagers, le rapatriement des équipages a débuté

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Les derniers passagers encore embarqués sur des navires de Ponant ont été rapatriés. Ils étaient 380, pour moitié de nationalité française, présents à bord de deux navires, L’Austral et Le Boréal, qui ont pu rejoindre Rio de Janeiro le 24 et le 26 mars après un long périple à la recherche d’un port acceptant de les accueillir (Le Boréal s’est par exemple vu successivement refuser l’accès à Valparaiso, Ushuaia, Montevideo et Buenos Aires). Les derniers clients se sont envolés du Brésil dans la nuit de dimanche à lundi afin de rentrer chez eux. « C’est une bonne nouvelle, nous n’avons plus aucun passager sur les neuf navires en service au sein de Ponant et Paul Gauguin. Dans un contexte très difficile, nous sommes parvenus à gérer le débarquement de 1500 clients ces dix derniers jours. Nous avons pu trouver des solutions pour chacun sans passer par des vols charters exotiques. Nous avons préféré, pour un maximum de sécurité, opter systématiquement pour des compagnies nationales et des plans de routage aérien agréés par les ambassades des différentes nationalités concernées. Et nous tenons à remercier les services diplomatiques, notamment français, ainsi que les autorités brésiliennes qui ont accepté d’accueillir nos deux navires et ont autorisé les opérations de débarquement, avec un transfert sécurisé vers l’aéroport », explique à Mer et Marine Hervé Bellaïche, directeur général adjoint de Ponant.

Quant au Soléal, qui avait quant à lui rejoint Papeete, en Polynésie française, ses 180 passagers ont pu eux-aussi être rapatriés en fin de semaine dernière.

Trouver des solutions pour le personnel

« Nous devons maintenant nous occuper des équipages. Sur chaque navire, nous allons garder un noyau d’équipage, et nous allons essayer de débarquer progressivement le reste du personnel. Comme pour les passagers, ce n’est pas simple. Il faut obtenir les autorisations de débarquer dans les pays où se trouvent les navires, sachant que nous n’avons aujourd’hui aucune suspicion de coronavirus à bord, ce qui est très important. Mais le plus compliqué c’est le plan aérien pour ramener les gens chez eux. Il faut trouver des compagnies qui certifient que les vols sont bien opérés et, ensuite, travailler avec les différentes ambassades selon les nationalités concernées, sachant que les pays ne posent pas de problème particulier pour le retour de leurs ressortissants. Ce sont bien les vols qui sont les plus compliqués. En Polynésie par exemple, où se trouvent Le Soléal et le Paul Gauguin, nous n’avons ce lundi plus aucune compagnie aérienne qui opère ».  Dans certains cas, il faudra attendre, dans d’autres le repositionnement des navires pourrait offrir des opportunités. Tout dépendra de l’évolution d’une situation qui change chaque jour au sein d’une crise devenue mondiale. Une attente plus difficile évidemment pour les personnels qui achèvent leur actuel contrat et sont à bord depuis des mois.

Le tiers des équipages déjà rapatrié

Hervé Bellaïche souligne toutefois que Ponant a déjà pu trouver des solutions pour une partie importante de ses équipages : « Nous sommes mobilisés sur cette question et, si notre priorité est bien entendu d’abord allée au rapatriement des passagers, nous avons débuté les retours pour les équipages. A ce jour, sur un millier de personnels, un tiers est rentré ».

Concernant les salaires, les membres d’équipage contraints de rester à bord « sont payés » mais ceux qui doivent rentrer chez eux faute d’activité ? « Nous avons une responsabilité sociale, notamment vis-à-vis des personnels hôteliers. Nous avons donc décidé de continuer à les payer, même s’ils ne travaillent pas. Ce ne sera pas forcément à 100% et c’est pour cela, afin de les aider, que nous avons mis en place au sein de la compagnie une caisse de solidarité ».

Deux navires en route pour Marseille

Concernant la position de la flotte, Le Paul Gauguin (Paul Gauguin Cruises ayant été pour mémoire racheté par Ponant en 2019) et Le Soléal sont donc actuellement à Tahiti. Le Boréal a quitté Rio lundi et est actuellement donné pour rejoindre un autre port brésilien, celui de Tubarao.  L’Austral est quant à lui en route pour Marseille, où il devrait arriver fin avril (le 23 selon son AIS). Même destination pour le Lyrial, qui en provenance d’Ushuaia avait rejoint Le Cap, en Afrique du sud, le 16 mars. Il est annoncé comme devant rejoindre la cité phocéenne le 17 avril. Du côté des nouveaux navires de la classe Explorer, le Lapérouse est toujours au mouillage au large d’Auckland, en Australie, alors que Le Champlain et Le Dumont d’Urville stationnent en Martinique et Le Bougainville aux Seychelles. Quant au voilier Le Ponant, il n’est pour mémoire pas en activité, sa refonte ayant débuté au mois d’octobre à Gênes, en Italie, où il se trouve toujours.

Le Bellot a été livré mais n’a pas quitté son chantier

Enfin, du côté des constructions neuves, Ponant a bien pris livraison du cinquième des six nouveaux navires de la classe Explorer, Le Bellot. Mais sa croisière inaugurale, qui devait débuter le 22 mars, a été annulée et le navire n’a finalement pas encore quitté le chantier Vard de Søviknes, en Norvège. Son constructeur achève parallèlement le dernier exemplaire de cette série, Le Jacques Cartier, qui doit être livré en juin. Il va par ailleurs recevoir pour armement la coque du paquebot brise-glace Le Commandant Charcot, qui a été mise à l’eau par le chantier Vard, de Tulcea (Roumanie), et est partie le 29 mars en remorque pour rejoindre la Norvège.

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