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Brest 2020 : l’option d’un report se précise
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Brest 2020 : l’option d’un report se précise

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La question est sur toutes les lèvres. Brest 2020, la grande fête maritime organisée tous les quatre ans, aura-t-elle lieu ? La décision tombera avant la fin avril. L’option du report se renforce jour après jour.

1 Un maintien ou un report ?

Maintien du 10 au 16 juillet 2020 ou report en juillet 2021 voire juillet 2022 ? La deuxième option tiendrait actuellement la corde, d’après un partenaire-clé de l’événement, qui affirme que le report est déjà acté. « Toutes les options sont sur la table. La décision sera entérinée lors d’un conseil d’administration programmé avant la fin du mois d’avril, après consultation des différents partenaires de la fête », tempère le premier vice-président de Brest Événements Nautiques, Fortuné Pellicano. En attendant, les signaux ne sont pas en faveur du maintien, cet été, d’un tel rassemblement international brassant autour de 700 000 visiteurs.

2 Congés, pouvoir d’achat, la tête à la fête...

Les dates de congés seront-elles maintenues pour les salariés qui envisageaient de profiter et de partir en vacances en juillet, alors que l’économie devrait se remettre à fonctionner ? « Après des semaines de confinement et de chômage partiel, le pouvoir d’achat sera-t-il également au rendez-vous ? », se demande l’organisateur. Une bonne partie des Français pourrait aussi préférer rejoindre les proches qu’ils n’ont pas vus durant le confinement. « Les entreprises qui auront peu travaillé durant ce printemps et qui seront durement touchées par des semaines d’inactivité auront-elles la capacité et l’envie d’emmener leurs salariés et leurs invités en bateau sur les navires affrétés ? », résume le patron d’une société partie prenante de la fête. « L’heure sera plutôt à la reprise d’activité et au rattrapage du temps perdu ».

3 Prudence du public et obligations sanitaires

Quelle sera l’appétence des festivaliers pour les grands rassemblements de cet été ? La méfiance sera-t-elle encore de mise ? N’y aura-t-il aucun risque à se mêler à des centaines de personnes provenant des quatre coins de la planète ? Même les plus grands spécialistes ignorent où en sera la crise sanitaire à la mi-juillet. Et si des foyers de contamination persistent en France à la mi-juillet et si le coronavirus sévit dans d’autres endroits du monde, faudra-t-il user de précautions au cœur d’une fête où l’on évolue en masse aux entrées et sur les quais ? Difficile de rendre compatible des gestes barrières et des mesures de distance lors d’un rassemblement de masse qui brasse entre 100 000 à 150 000 visiteurs par jour. Une fête de la mer, c’est tout sauf des mesures de distance sociale et des précautions en tous genres. « L’organisation de ce genre d’événement est déjà compliquée en temps normal, en matière de normes et d’obligations diverses à respecter », estime un professionnel qui a connu toutes les éditions des fêtes maritimes. « Tous les festivals ont vu leur budget exploser avec les normes de sécurité qui se sont rajoutées au fil du temps. On n’imagine difficilement la gestion de nouvelles obligations sanitaires ».

4 Participants et partenaires indécis

La progression mondiale de la pandémie pourrait également entraîner des désistements de navires provenant des quatre coins du monde. Le risque est donc de proposer cet été une édition amputée, au rabais. De plus, la Marine nationale, partenaire privilégié de la fête, en mettant à disposition une partie de la zone militaire en Penfeld, sera-t-elle favorable au maintien d’une manifestation attirant autant de spectateurs, quelques semaines après, peut-être, la fin du confinement ? Sa position pour un report ainsi que le choix d’une nouvelle date pèseront dans la décision finale, commente-t-on, en interne, du côté de l’organisateur Brest Événements Nautiques. Plutôt que le maintien dans le stress et l’incertitude, les organisateurs d’événements festifs visent l’apaisement et la sécurité sanitaire. Ils attendent aussi le positionnement de l’État, les conditions d’accompagnement et de couverture par les assurances, notamment.

 Un article de la rédaction du Télégramme

 

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