Marine Marchande
S. Keptanoglu (BIMCO) : « La pandémie ne doit pas ralentir la décarbonation du shipping »

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S. Keptanoglu (BIMCO) : « La pandémie ne doit pas ralentir la décarbonation du shipping »

Marine Marchande

Sadan Keptanoglu est armatrice, elle dirige l'armement turc éponyme, et c'est l'actuelle présidente du BIMCO (Baltic and Maritime Council), une des plus grandes associations d'armateurs. Elle s'est exprimée hier, à l'occasion d'une visio-conférence de presse à laquelle a assisté Mer et Marine, sur l'avenir immédiat du transport maritime, très fortement secoué par la pandémie du Covid-19. « Je n'attends pas grand chose de bien dans la période à venir. Le secteur du transport maritime ne va pas s'en remettre tout de suite et son avenir va beaucoup dépendre de la façon dont les Etats vont soutenir leurs compagnies maritimes dans les deux ou trois prochaines années ». 

Elle a cependant immédiatement tenu à rappelet que ce très gros coup dur économique ne doit pas faire oublier au secteur qu' « il n'y a aucune alternative à l'investissement dans le green shipping et des innovations plus vertueuses d'un point de vue environnemental. Il ne faut pas l'oublier, notre objectif c'est 2050 (date à laquelle le secteur du shipping devra avoir réduit de 50% ses émissions de CO2, ndlr) et il faut que l'on travaille sur du long terme. Il faut prendre notre destin en main et cela doit rester notre priorité ». Un point important à l'heure où l'OMI doit se pencher, dans les mois à venir, sur les modalités à mettre en place pour atteindre ces ambitieux objectifs environnementaux. Dans le milieu conservateur des armateurs, l'agenda environnemental mondial n'est pas partout le bienvenu et certains sont tentés de jouer la montre pour éviter d'engager des coûts pour faire évoluer leurs flottes. Un phénomène qui risque d'être accentué par la crise sans précédent provoquée par le Covid. 

« Il n'y a pas une mais plusieurs solutions pour arriver à cet objectif », rappelle Sadan Keptanoglu, faisant sans doute référence aux différentes méthodologies (nouvelles propulsions, nouveaux carburants, réduction de la vitesse...) qui se sont parfois opposées par le passé. « L'essentiel, surtout maintenant, c'est d'unir nos efforts pour que nous puissions identifier toutes les bonnes idées, repérer les innovations et travailler ensemble. Le BIMCO est actuellement en train de travailler sur un cadre de travail ».

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