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Ifremer : le coronavirus surveillé dans les eaux usées

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Ifremer : le coronavirus surveillé dans les eaux usées

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L’Ifremer continue de traquer les éventuelles traces du coronavirus dans l’eau et les coquillages. Le 18 mai, dans une étude remarquée et largement reprise, l’institut indiquait que les premiers échantillons d’eau de mer et de coquillages analysés ne montraient « aucune trace du coronavirus SARS-CoV-2 ». Mais les analyses se poursuivent, en particulier sur les eaux usées. Une manière de suivre la circulation du virus dans la population.

Ainsi, l’Ifremer a annoncé que de nouvelles analyses confirmaient l’absence du virus dans les coquillages, mais qu’il avait été détecté dans des eaux usées du Grand Ouest. Ce n’est pas une surprise. Déjà, des traces du SARS-CoV-2 avaient été repérées dans les eaux usées de Paris. Cette fois, une série de prélèvements a été réalisée dans trois stations d’épuration en Pays de la Loire et en Bretagne. Sur 13 prélèvements, 9 ont décelé la présence du génome du SARS-CoV-2. L’Ifremer explique que « l’analyse des eaux usées, réceptacles des rejets humains, donne une image fidèle de la diversité des micro-organismes présents dans la population humaine. C’est un moyen pertinent et complémentaire du dépistage pour estimer la part de la population infectée et le niveau réel de circulation du virus dans un territoire ». Ainsi, ces analyses montrent que « le virus circule moins qu’au début de l’épidémie », selon Soizick Le Guyader, virologiste et responsable du laboratoire qui a mené les analyses à Nantes. En effet, « Les 7 échantillons d’eaux usées prélevés avant le 24 avril sont tous positifs au SARS-CoV-2. A partir du 24 avril, sur les 6 échantillons analysés, 4 se sont révélés négatifs ».

Par ailleurs, l’analyse d’une deuxième série de coquillages (palourdes, moules, huîtres creuses) exposés à des sources de contamination fécale d’origine humaine sur différentes façades maritimes n’a pas détecté de trace du virus. L’un des échantillons de coquillage se trouvait précisément à proximité d’une station d’épuration où de l’eau usée contenant des traces du coronavirus avait été repérée. Pour l’Ifremer, cela laisse penser que les traitements d’eaux usées diminuent le risque de propagation dans le milieu marin.

Désormais, l’Ifremer participe à un suivi des eaux usées à l’échelle nationale au sein du projet Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées). Il s’agit de suivre l’évolution de la circulation du virus avec le déconfinement et de détecter au plus vite une éventuelle deuxième vague.

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