Marine Marchande
DFDS : « Nous ne gagnons pas d'argent en ne faisant que du fret »

Interview

DFDS : « Nous ne gagnons pas d'argent en ne faisant que du fret »

Marine Marchande

Alors que des mesures de quarantaine pour les voyageurs britanniques semblent toujours à l'ordre du jour pour les semaines à venir, Mer et Marine a demandé à Jean-Claude Charlo, président de DFDS France qui exploite habituellement cinq navires sur le transmanche, des précisions sur les répercussions de cette mesure sur les plans estivaux de sa compagnie

MER ET MARINE : Quelles sont les conséquences de ces mesures de quatorzaine, pour l'instant toujours appliquées entre la France et le Royaume-Uni pour vous ?

JEAN-CLAUDE CHARLO : Aujourd’hui, il n’y a pas une ligne qui gagne de l’argent. Nous ne gagnons pas d’argent en ne faisant que du fret. La meilleure des réponses des gouvernements français et anglais : qu’ils ouvrent les frontières et qu’on puisse accueillir les passagers.

Comment anticipez-vous l'été à venir?

DFDS est sur le même schéma opérationnel que celui mis en place au mois d’avril : des rotations limitées et un équipage adapté à la capacité des navires. En ce qui concerne les passagers aujourd’hui, il n’y a pas tellement d’autres mesures à mettre en place, car ce qui est déjà en place va s’auto-suffire.

Est-ce que cela signifie pour vous qu’il n’y aura pas de trafic passager cet été ?

Nous attendons de savoir si la réciprocité de la quatorzaine obligatoire en France sera appliquée. Si oui, elle sera dans les mêmes conditions qu’en Angleterre. Nous sommes obligés de prendre en compte les restrictions des deux pays, même s’il y a un décalage.

En ce qui concerne le trafic, nous savons déjà que la saison va être très mauvaise, encore plus si juillet et août sont impactés. Nous avons pour l’instant 20% de réservation par rapport à l’année dernière avant le 8 juin (début annoncé de la quatorzaine). Beaucoup de gens attendent les décisions des gouvernements français et anglais avant de prévoir leur déplacement outre-manche.  

Que les rotations seront réduites ?

Sur Dunkerque, les trois bateaux sont en service. A Calais, un ferry est à l’arrêt. Nous n’envisageons pas de changer. Pour Dieppe, nous opérons avec un navire. Nous envisageons de passer à deux rotations par jour à partir du 2 juin (comme en basse saison).

Comment faites-vous pour les embauches de saisonniers ? Sont-elles suspendues ?

Tout est suspendu. Comme on dit chez nous, « on navigue à vue ». Nous n’avons pas de perspective à l’heure actuelle. Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons mis en chômage partiel presque 300 collaborateurs.

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