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Si la marine italienne cède deux FREMM à l’Egypte, elle en ferait construire deux autres

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Si la marine italienne cède deux FREMM à l’Egypte, elle en ferait construire deux autres

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Depuis plusieurs mois, ce projet agite la classe politique italienne, dont une partie est opposée à la vente d’armes au régime du maréchal al-Sissi, y compris au sein de la majorité au pouvoir à Rome. Même si l’affaire ne semble pas encore terminée, le gouvernement italien aurait finalement donné, la semaine dernière, son accord pour la vente de deux frégates du type FREMM à l’Egypte, pour un peu plus d’un milliard d’euros. Il s’agit des dernières unités réalisées par Fincantieri pour la marine italienne, les neuvième et dixième : le Spartaco Schergat et l’Emilio Bianchi, dont les mises en service au sein de la Marina militare sont prévues en 2020 et 2021. Le contrat, s’il aboutit, serait de plus assorti d’une option pour la construction de deux FREMM supplémentaires.

Même si le contexte budgétaire est difficile, la flotte italienne ne compte pas pour autant voir son ordre de bataille amputé de deux frégates de premier rang. Il est donc normalement prévu qu’en cas de cession à l’Egypte des Spartaco Schergat et Emilio Bianchi, deux nouvelles FREMM soient produites en remplacement, explique le media italien Start Magazine. Ce qui permettrait à Fincantieri d’ajouter deux bâtiments supplémentaires à son carnet de commandes et pousser le nombre d’unité de ce type construites à 12, voire 14 avec les options.

Les FREMM italiennes sont des bâtiments de 144 mètres de long pour 19.7 mètres de large affichant un déplacement de près de 6900 tonnes en charge. Tête de série, le Carlo Bergamini a été livré en 2013. Il a été suivi la même année par le Virginio Fasan, puis les Carlo Margottini (2014), Carabiniere (2015), Alpino (2016), Luigo Rizzo (2017), Federico Martinengo (2018) et Antonio Marceglia (2019). Armées par 200 marins et capables d’atteindre 27 nœuds, ces frégates se déclinent en deux versions, l’une à vocation anti-sous-marine et l’autre dite d'emploi « général ». 

La variante à dominante ASM se compose des Virginio Fasan, Carlo Margottini, Carabiniere et Alpino. Ces frégates sont dotées d’un sonar remorqué Captas 4, de quatre missiles anti-sous-marins Milas et de tubes pour torpilles MU90, auxquels s’ajoutent 16 missiles surface-air Aster, deux tourelles de 76 mm, deux canons de 25 mm et quatre missiles antinavire Otomat Mk2.

Les autres frégates ont plutôt comme vocation l’action vers la terre. Elles disposent d’une pièce de 127 mm à l’avant et une de 76 mm sur le toit du hangar à l’arrière. Les bâtiments sont aussi équipés de 16 missiles Aster, 8 missiles antinavire Otomat (mais pas de Milas) ainsi qu'un système de mise à l’eau pour embarcations rapides par le tableau arrière, en lieu et place du sonar remorqué des FREMM anti-sous-marines.

Ce programme a été mené en coopération avec la France. Mais contrairement aux précédentes frégates franco-italiennes du type Horizon, réalisées dans les années 2000 et quasiment identiques, les FREMM sont très différentes de chaque côté des Alpes, la collaboration s'étant finalement pour l'essentiel axée sur l'achat commun d'un certain nombre équipements, dont ceux de l'appareil propulsif, qui est semblable. La France construit huit frégates pour sa propre marine (six sont à ce jour livrées) et deux autres pour l'export, une pour le Maroc (Mohammed VI en 2013) et l'autre pour l'Egypte (Tahya Misr en 2015). En plus de cette dernière, l'Egypte avait également racheté les deux porte-hélicoptères initialement commandés par la Russie, et passé commande de quatre corvettes du type Gowind (sans parler de l'achat de 24 Rafale). Mais les relations se sont ensuite tendues entre Paris et Le Caire, qui est allé poursuivre son marché ailleurs, notamment dans le domaine naval chez les Allemands (six frégates légères du type Meko A200 commandées en plus d'un programme de quatre sous-marins) et sans doute maintenant chez les Italiens. 

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