Construction Navale
Sibiril : une pilotine en essais et deux de plus à construire pour Dunkerque
ABONNÉS

Actualité

Sibiril : une pilotine en essais et deux de plus à construire pour Dunkerque

Construction Navale

Le chantier Sibiril technologies de Carantec a mis à l’eau mardi dernier la P XVIII, nouvelle vedette de la station de pilotage de Dunkerque, avec laquelle le constructeur finistérien, spécialisé dans le composite, a conclu la commande de deux nouvelles unités.

La P XVIII, dont les essais se poursuivent cette semaine en vue d’une livraison le 20 juillet, adopte le modèle ST-P 137 LA du cabinet d’architecture nantais Delion. Cette vedette de 13.6 mètres de long (14.2 hors tout) pour 5 mètres de large affiche une jauge de 19.9 UMS et pèse au final 10 kg de moins par rapport au devis prévu, se félicite-t-on chez le constructeur. Déplaçant environ 21 tonnes en charge (18 lège), elle est équipée de deux moteurs Volvo D9 de 425 cv chacun. Sa vitesse maximale est annoncée à 21 noeuds (à mi-charge et sans ballast) avec, à cette allure, une autonomie de 200 milles (deux cuves à carburant de 835 litres chacune). La vedette pourra accueillir quatre pilotes en plus de ses deux membres d'équipage. 

 

La P XVIII avant sa mise à l'eau © PIERRE DELION ARCHITECTURE)

La P XVIII avant sa mise à l'eau © PIERRE DELION ARCHITECTURE)

 

 

La P XVIII en essais © PIERRE DELION ARCHITECTURE)

La P XVIII en essais © PIERRE DELION ARCHITECTURE)

La P XVIII en essais © PIERRE DELION ARCHITECTURE)

 

Première unité de cette gamme équipée de lignes d'arbres

La P XVIII est la quatrième pilotine à adopter un design développé par Pierre Delion. La première de ce type, une unité 12 mètres (ST-P 120 IPS) nommée CH 4, a été livrée en 2014 aux pilotes de Cherbourg. Elle a été suivie en 2017 par l’Hirondelle de la Manche, bateau de même taille construit pour la station du Havre, puis par le Pélican (ST-P 145 IPS) livré en 2019 à la station de la Seine. « La nouvelle pilotine de Dunkerque est un modèle très attendu car c’est la première de cette gamme équipée de lignes d’arbres alors que les précédentes ont une propulsion IPS. D’autres stations sont très intéressées pour venir la voir et la tester », confie à Mer et Marine Pierre Delion.

Deux nouvelles pilotines Delion chez Sibiril et Bernard

Jusqu’ici, toutes ces pilotines ont été produites chez Sibiril, et ce sera encore le cas pour une nouvelle unité, la plus petite de la gamme, une ST-P 108 également à lignes d’arbres livrable en 2021 à la station de Saint-Malo. Mais alors que la collaboration se poursuit donc avec le constructeur de Carantec, les pilotines Delion vont également voir le jour dans un autre chantier. La station de la Seine a, en effet, commandé un nouveau modèle de 15.5 mètres dont la réalisation débutera cet autonome aux Chantiers Bernard, dans le Morbihan, en vue d’une livraison l’année prochaine.

Les futures vedettes dunkerquoises et une nouvelle havraise signées Pantocrène

Sibiril, de son côté, va réaliser d'autres vedettes de pilotage conçues par le bureau Pantocarène de Didier Marchand. Les nouvelles unités commandées par la station de Dunkerque, livrables en 2021 et 2023, sont en effet des modèles ORC 149 EVO de 14.9 mètres. Et le chantier de Carantec va aussi produire un autre modèle Pantocarène, une ORC 155 EVO destinée aux pilotes du Havre.

Le chantier de Carantec confiant malgré la crise

Le marché des pilotines demeure donc très important pour le chantier breton, qui a aussi dans son carnet de commandes, actuellement, des contrats en cours avec la SNSM, en l’occurrence deux vedettes de 12 mètres et les deux derniers canots tous temps de la série CTT NG, destinés aux stations de sauvetage de Saint-Malo et Saint-Tropez. Le chantier, contraint de s’arrêter temporairement pendant la crise sanitaire, a donc du pain sur la planche pour le moment. « Nous nous sommes arrêtés pendant la période confinement mais seulement pendant cinq semaines. Nous avons donc pu rapidement repartir, même si cela a été progressif le temps de mettre en place tous les protocoles et équipements sanitaires et de retrouver nos fournisseurs et sous-traitants, ce qui va évidemment décalé des livraisons et impactera les résultats de l’année, avec un chiffre d’affaires en baisse. Mais nous avons la chance de ne pas avoir, comme chez certains confrères, des projets gelés ou des contrats annulés. Nous sommes donc confiants et, entre le plan de charge dont nous disposons et les fers que nous avons au feu, je ne suis pas inquiet », explique à Mer et Marine Tristan Pouliquen, patron de Sibiril. Le chantier, qui emploie actuellement 27 personnes, compte d’ailleurs maintenir ses recrutements et cherche actuellement des menuisiers et stratifieurs.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs

 

Sibiril Technologies