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Crise sanitaire en Guyane: « On arrive à assurer jusqu’à maintenant » (GPM-Guyane)

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Crise sanitaire en Guyane: « On arrive à assurer jusqu’à maintenant » (GPM-Guyane)

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A rebours de la métropole, la Guyane est frappée de plein fouet par l’épidémie de coronavirus. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a affirmé, mardi 30 juin, à l’Assemblée nationale, que « le virus circule et circule beaucoup. Le pic est prévu autour de la mi-juillet ou fin juillet ». Dans sa dernière communication, l’Agence régionale de santé (ARS) Guyane dénombrait 3774 cas confirmés, contre 2500 une semaine plus tôt. Dix-neuf personnes étaient en réanimation.

Comment le grand port maritime de Guyane, à Dégrad des Cannes, point névralgique des importations de la région d’outre-mer, encaisse-t-il le coup ? « On arrive à assurer, jusqu’à maintenant. On parvient à remplir notre fonction d’infrastructure essentielle de la Guyane. Espérons qu’on va tenir le coup. Les spécialistes nous disent que le pic de contagion devrait intervenir d’ici la fin du mois de juillet », indique Philippe Lemoine, directeur général du GPM-Guyane, à Mer et Marine.  S’attendant à « des semaines difficiles devant nous » sur le plan de la lutte contre la pandémie, il souligne que le port est déjà passé part des moments difficiles depuis le début de l’année, avec notamment les grèves qui ont perturbé le chargement des navires en métropole en tout début d’année et indirectement touché certains importateurs guyanais. « Ensuite, il est arrivé cet épisode de pandémie en métropole qui a fait que là aussi les navires n’ont pu être complètement chargés malgré un début de rattrapage. C’est assez particulier ce qu’on vit, parce qu’en fait on a eu des creux, après il y a eu des effets de rattrapage, là il y a de nouveau un creux ».

Mais « le bilan, c’est que la communauté portuaire guyanaise a été très réactive à tous ces problèmes-là ». Alors qu’il redoutait, au début du confinement, en mars, des phénomènes de saturation des terre-pleins, il remarque que les importateurs ont « joué le jeu » et sont venus chercher leurs conteneurs, tandis que l’activité fruits en reefers a chuté dans les pays voisins et les armateurs ont pu reprendre leurs conteneurs vides.Au final, « ça nous a permis d’assurer la continuité des importations ». Par ailleurs, il pointe que dockers, pilotes, entreprises chargées du dragage ou du pilotage, « tout le monde est à poste, soit en télétravail, soit en présentiel quand c’est nécessaire et en appliquant les gestes barrières ».

En terme de trafic, « bon an, mal an, on arrive à satisfaire la demande », assure Philippe Lemoine. « On enregistre une baisse mais qui n’est pas aussi importante qu’on aurait pu le craindre ». Selon lui, en tonnage global, le port ne perdrait pas plus de 1 à 2 points sur les six premiers mois de l’année. Les plus grosses chutes seraient sur le trafic roulier et il s’attendait à une baisse des liquides avec une saison des pluies abondante permettant aux barrages hydroélectriques de prendre le relais des centrales thermiques.

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