Marine Marchande
Jifmar : un exemple de casse-tête sanitaire sur les petits navires

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Jifmar : un exemple de casse-tête sanitaire sur les petits navires

Marine Marchande

Jifmar Offshore Services a fait certifier ses mesures préventives contre le coronavirus par le Bureau Veritas (BV). La compagnie française affirme être « l’un des tout premiers armateurs de navires de travail à obtenir la certification Covid-19 pour sa flotte ». Elle souligne que cela fait suite « à une demande volontaire ».

Pour mémoire, le Bureau Veritas a accompagné plusieurs armements de navires à passagers dans leur redémarrage. Ce service vise à aider à la mise en place de mesures sanitaires préventives. Cependant, pour les navires de travaux offshore de Jifmar, les conditions sont bien différentes. Bien plus exigus, ces navires induisent une plus grande promiscuité, les équipages sont dessus en permanence et ils accueillent régulièrement des personnels extérieurs, clients comme techniciens (pour les ROV, les robots télé-opérés, par exemple).

Dans un premier temps, lors du déclenchement de la crise, la direction, les capitaines, le service QHSE et les membres du CSE ont d’abord travaillé pour trouver des mesures organisationnelles pour les quarts, l’accès des clients sur les zones de travail, les repas (avec plusieurs services), les cabines, le nettoyage (afin d’éviter que les gens se croisent pendant les phases de repos), etc. Sur un plan technique, poubelles Covid, serviettes à usage unique, gel alcoolique, masques et visières pendant le travail, ou encore phases de décontamination en montant à bord, ont été mis en place. « On a adapté au mieux à la réalité de nos navires », indique-t-on chez Jifmar à Mer et Marine.  Par ailleurs, les embarquements ont été « cadrés » avec des « protocoles stricts » et « dès le mois de mars, on s’est approvisionné en tests sérologiques IgG IgM pour pouvoir tester tous les personnels embarquants et tout le personnel externe », indique-t-on chez Jifmar. Après le déconfinement, les marins ont pu réaliser des tests PCR avant d’embarquer, sans certificat médical, selon Jifmar. Les marins reçoivent un kit covid chez eux avant de rejoindre le bord. Le BV est ensuite venu auditer. « On leur a envoyé nos plans Covid de trois bateaux qui travaillaient, avec nos procédures et protocoles. Ils ont comparé le travail documentaire fait avec les exigences réglementaires, que ce soit pour la partie terrestre, mais aussi maritime, avec les nombreux décrets publiés. Avec ça, ils ont construit une grille d’audit et ils sont venus inspecter trois navires en opération (Jif Xplorer, Jif Helios, Roxane Z). Les auditeurs sont venus vérifier la bonne application de cette grille d’audit ».

Qu’en est-il de la circulation de l’air à bord, souvent pointée du doigt ? « Ce qu’on a fait, c’est une ouverture. L’air n’est pas recyclé, on le prend sur l’extérieur. Il y a une maintenance régulière sur les filtres, mais on n’a pas mis de filtres HEPA (high-efficiency particulate air) ». Par ailleurs, « on essaie de ventiler au maximum les aménagements ». Plus facile à faire pour la passerelle que sous la ligne de flottaison.

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