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Emmanuel de Oliveira: « Il faut ressouder la famille des sauveteurs SNSM»

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Emmanuel de Oliveira: « Il faut ressouder la famille des sauveteurs SNSM»

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Élu président de la SNSM en décembre, Emmanuel de Oliveira a lancé une consultation auprès des 8 500 sauveteurs bénévoles. Il s’en dégage la volonté de mettre l’accent sur la formation et un fonctionnement interne plus collégial.

« Chaque canotier compte, la vie et l’avis de chaque canotier comptent ». C’est à cette formule qu’Emmanuel de Oliveira, 60 ans, vice-amiral d’escadre et ancien préfet maritime de l’Atlantique, se réfère pour guider son action à la présidence de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) depuis son élection le 12 décembre dernier. « J’ai visité 97 % des stations et je recommence tous les week-ends, je retourne d’ailleurs dans le Finistère la semaine prochaine, car j’ai absolument besoin de rencontrer en permanence les canotiers et de maintenir le contact avec eux », affirme-t-il.

Car la SNSM est une association qui fonctionne uniquement sur un bénévolat volontaire. Elle s’appuie sur 8 500 bénévoles, dont près de 5 000 canotiers qui sont dédiés au sauvetage au large. Ils réalisent la moitié des opérations réalisées chaque année en France. Plus de 3 000 autres sont dédiés à la sécurité des baigneurs sur les plages : ils composent 35 % des postes de secours du littoral.

Embarqué dès ses 13 ans

Qu’est ce qui motive ces bénévoles à sortir quand les autres rentrent au port ? « Il y a deux ciments : la station d’abord, une bande de copains qui ont plaisir à naviguer ensemble et à prendre des risques pour aller sauver des vies ensemble. Il y a ensuite la famille orange, cette association d’individus qui « veulent bien (*) » faire ça », explique le président, lui-même bénévole, de la SNSM.

Emmanuel de Oliveira a ressenti, en prenant ses fonctions à la SNSM, le besoin de ressouder cette « famille orange », la couleur des combinaisons des sauveteurs. D’abord comme marin lui aussi, embarqué dès ses 13 ans à Boulogne-sur-Mer comme mousse à la « grande pêche » puis pilote de bateaux de commerce, et aussi comme commandant de bateaux, le Foudre et l’Orage, deux transports de chalands de débarquement de la Marine nationale, ces grands bâtiments d’assaut amphibies.

« Le fonctionnement opérationnel et la cohésion interne, essentiels pour cette association, avaient été mis à mal par le drame des Sables-d’Olonne le 7 juin 2019, quand trois sauveteurs ont perdu la vie lors d’une opération d’assistance, constate Emmanuel de Oliveira. Il était devenu nécessaire de rassembler la famille autour d’un projet fédérateur et associatif, dans le but de partager une vision d’avenir ».

Ne pas faire évoluer le bénévolat gratuit

Celui qui ne signe que de son prénom, alors que ses prédécesseurs ne manquaient pas d’asseoir leurs légitimités en rappelant leurs rangs d’officiers généraux, a cœur d’aller interroger chacun des adhérents de la SNSM pour faire remonter leurs aspirations. Une grande consultation, baptisée « Cap 2030 », est lancée fin janvier : vingt questions, conçues par une commission de bénévoles, sont adressées à chacun des 8 500 adhérents. Les résultats sont analysés par cette commission à qui il est demandé d’en extraire treize propositions concrètes. Celles-ci sont aujourd’hui débattues au sein des 214 stations locales de la SNSM et des 32 centres de formation et d’intervention.

Émerge déjà la nécessité d’une démocratie plus ouverte. Actuellement, seuls les responsables bénévoles, comme les présidents de station, ont un droit de vote, alors que les canotiers de base n’en bénéficient pas. Une des propositions serait d’ouvrir la qualité de membre actif à tous les bénévoles. Autres tendances fortes : ne pas faire évoluer le bénévolat gratuit, qui est une valeur plébiscitée par plus de 90 % des membres, et accorder aux structures locales une part d’autonomie, pour tout ce qui relève de la gestion habituelle.

Assemblée générale fin septembre

Trois axes d’évolution majeurs se détachent pour l’association créée en 1967 : renforcer la formation des sauveteurs en les rapprochant des centres de formation par une régionalisation des structures ; mettre en place un soutien de proximité dans les domaines technique, administratif, financier ; enfin, mieux associer les bénévoles aux prises de décision et à la circulation de l’information.

Toutes ces propositions seront débattues lors d’une assemblée générale convoquée le 30 septembre prochain. Celle-ci devra entériner le principe d’une réforme des statuts de la SNSM. Il faudra encore une assemblée générale, vraisemblablement en début d’année prochaine, pour adopter les nouveaux statuts et lancer la transformation de l’association.

* Selon l’étymologie du mot bénévole.

Un article de la rédaction du Télégramme

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