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Naval Group semble voir son horizon s’éclaircir en Roumanie
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Naval Group semble voir son horizon s’éclaircir en Roumanie

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La construction de quatre corvettes neuves, la rénovation de deux frégates ainsi que la création d’un centre d’entrainement et d’un pôle de maintenance. C’est l’important programme que Naval Group attend de mener à bien pour la marine roumaine. Mais l’industriel français, choisi en juillet 2019 par Bucarest à l’issue d’un long et difficile processus, est depuis empêtré dans une guérilla juridique avec l’un de ses concurrents, le groupe néerlandais Damen. Ce dernier conteste en effet le choix de l’offre française devant les tribunaux roumains. La cour de Bucarest en charge du dossier a, toutefois, rejeté lundi ce qui était considéré comme le principal recours formé par Damen. L’affaire n’est cependant pas encore terminée puisque un certain nombre de recours « secondaires » doivent être traités dans les mois qui viennent par la justice. Mais la décision de lundi permet à Naval Group de voir l’horizon commencer à se dégager.

Pour mémoire, après l’échec d’une première procédure d’acquisition lancée en 2016 et tombée à l’eau l’année suivante après des élections législatives, Bucarest avait rapidement relancé ce projet, la modernisation de sa marine étant de première importance compte tenu du développement des moyens navals russes en mer Noire et du rôle que le pays entend jouer au sein de l’OTAN.

Un nouvel appel d’offres a donc été initié en mars 2018 et conduit tambour battant jusqu’au mois d’octobre de la même année, respectant scrupuleusement un calendrier pourtant extrêmement serré. Selon l’ordonnance gouvernementale encadrant cet appel d’offres, au-delà évidemment du respect des exigences techniques et capacitaires formulées par la marine roumaine, le critère final déterminant est le prix, c’est-à-dire que la commande doit être attribuée à l’industriel faisant l’offre la moins chère.

Alors que la compétition était ouverte aux pays membres de l’OTAN et de l’Union Européenne, trois offres ont été retenues en short list en octobre 2018. Celle de Naval Group allié au chantier roumain SNC de Constanta s’élèvant à 1.2 milliard d’euros, devançant selon les critères de prix les dossiers du néerlandais Damen (1.25 milliard) et de l’italien Fincantieri (1.34 milliard), tous deux possédant des chantiers en Roumanie (Mangalia et Galati pour Damen, les sites Vard de Tulcea et Braila pour Fincantieri). Mais en novembre, la procédure d’appel d’offres a été suspendue par les autorités roumaines sur fond de premiers recours sur des soupçons d’illégalité et semble-t-il de manœuvres politiques. Des recours formés par Damen, mais aussi Fincantieri, les Italiens se retirant du jeu mi-2019.

En juillet dernier, le gouvernement roumain avait fini par annoncer la sélection du tandem Naval Group/SNC. Une phase de négociations exclusives avait alors débuté en vue de conclure la signature du programme d’ici la fin 2019. Sauf que Damen s’était lancé dans une nouvelle bataille juridique qui, un an plus tard, n’est donc toujours pas achevée.

Le programme porte sur la construction à Constanta, en transfert de technologie, de quatre corvettes fortement armées. L'offre de Naval Group porte sur des unités de la gamme Gowind, équipées d’un système de combat SETIS et de moyens antiaériens, antinavire et anti-sous-marins.  

 

La frégate Regele Ferdinand va être modernisée (© : OTAN)

La frégate Regele Ferdinand va être modernisée (© : OTAN)

 

Le marché comprend également la rénovation des deux ex-frégates britanniques du type 22 datant de 1987/88 et acquises en 2003 par la Roumanie. Il s’agit des ex-London devenue Regina Maria et ex-Coventry devenue Regele Ferdinand qui doivent bénéficier d’une modernisation de leur système de combat, de l’armement et des senseurs. Le projet comporte enfin la création d’un centre d’entrainement des équipages et le développement d’un pôle de maintenance pour la flotte roumaine.

Pour Bucarest, ce programme est de première importance compte tenu du développement des moyens navals russes en mer Noire et du rôle que le pays entend jouer au sein de l’OTAN.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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