Construction Navale
Saint-Nazaire : Le Commandant Charcot en cale sèche la semaine prochaine
ABONNÉS

Actualité

Saint-Nazaire : Le Commandant Charcot en cale sèche la semaine prochaine

Construction Navale
Croisières et Voyages

Premier navire brise-glace de l’industrie de la croisière, Le Commandant Charcot, destiné à Ponant, est attendu en début de semaine prochaine à Saint-Nazaire pour y recevoir ses propulseurs. Mise à l’eau fin mars au chantier Vard de Tulcea, en Roumanie, la coque du navire devait initialement, avant de partir en Norvège pour son achèvement, passer une quinzaine de jours en avril dans l’estuaire de la Loire. Mais la crise du Covid-19 a bouleversé ces plans et Le Commandant Charcot a finalement été remorqué directement à Søviknes, où se trouve l’un des chantiers norvégiens de Vard. Il y est arrivé le 28 avril, après un mois de transit, les travaux reprenant à bord dans l’attente que la situation sanitaire permette le passage à Saint-Nazaire. La réouverture des frontières en Europe a permis d’organiser cette venue cet été et non d’attendre l’automne comme craint à un moment. Le remorqueur Pegasus, qui avait assuré le convoyage entre Tulcea et Søviknes, a donc repris la mer le 7 juillet avec Le Commandant Charcot. Peu après avoir quitté la Norvège, le convoi a été confronté à une tempête qui l’a obligé à stopper en attendant que la météo se calme. C’est désormais chose faite et il a repris sa route vers la France, accusant néanmoins un retard de deux jours environ. A ce stade, son arrivée à Saint-Nazaire est prévue mardi 21 juillet.

 

Le Commandant Charcot en avril lors de son remorquage vers la Norvège (© PONANT)

Le Commandant Charcot en avril lors de son remorquage vers la Norvège (© PONANT)

 

Le Commandant Charcot sera directement installé dans la forme Joubert, où il sera normalement mis au sec le lendemain. Les travaux, confiés à la société Clemessy Services, doivent durer 10 jours. Il s’agit de fixer à la poupe les deux pods du navire, des moteurs électriques placés dans des nacelles orientables à 360 degrés, qui servent de propulseurs et remplacent également les traditionnelles gouvernes. Fournis par le groupe helvético-suédois ABB, ces moteurs du type Azipod VI affichent une puissance unitaire de 17 MW avec chacun une hélice de 6 mètres de diamètre. Leur mise en place, qui nécessite une forme de radoub de grandes dimensions aux caractéristiques spécifiques, ne pouvait être réalisée en Roumanie ou en Norvège. C’est ce qui explique cette étape à Saint-Nazaire, où les deux Azipod sont arrivés par cargo le 6 mars. En dehors de cette opération, le passage en cale sèche sera l’occasion de réaliser quelques travaux de peinture et des vérifications techniques sur les œuvres vives du navire, par exemple au niveau des vannes. Clemessy Services va mobiliser une quarantaine de personnes sur ce chantier, dont trois équipes d’une dizaine de mécaniciens qui se relaieront en 5x8, ainsi qu’une dizaine d’autres salariés pour la logistique et la supervision. Seront également présents des techniciens d’ABB, une petite équipe de Vard et bien sûr des personnels de Ponant.

 

Azipod VI (© ABB)

Azipod VI (© ABB)

Deux pods, ici à la poupe du paquebot Costa Smeralda (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Deux pods, ici à la poupe du paquebot Costa Smeralda (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Deux pods arrivés le 6 mars à Saint-Nazaire (© MER ET MARINE)

Deux pods arrivés le 6 mars à Saint-Nazaire (© MER ET MARINE)

 

A l’issue des travaux, Le Commandant Charcot, qui ne sera pas encore capable de naviguer par ses propres moyens, repartira en remorque vers Søviknes, où son armement se poursuivra chez Vard. Sa mise en service était initialement prévue en mai 2021 mais compte tenu de la crise et des retards pris, la livraison du navire sera probablement retardée. A ce stade, Ponant reste sur le calendrier initial.

 

(© SDI)

(© SDI)

 

Le Commandant Charcot, dont la construction a débuté en novembre 2018, sera le treizième navire de la compagnie française (en comptant le Paul Gauguin) et sa plus grosse unité. Long de 150 mètres pour 28 mètres de large et une jauge d’environ 30.000 GT, il sera capable de s’enfoncer au cœur des zones polaires de l’Arctique et de l’Antarctique, dans des zones encore inaccessibles aux croisières d'expédition. Répondant à la norme Polar Code 2, ses capacités seront supérieures à celles de la plupart des brise-glace commerciaux, à l’exception notamment des nouveaux navires russes à propulsion nucléaire. Le bateau de Ponant pourra briser une épaisseur de glace allant jusqu’à 2.5 mètres et des crêtes de compression (amoncellement au fil du temps de blocs de glace sous et au-dessus de la banquise) de plus de 10 mètres. Sa propulsion fonctionnera au gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui permettra de réduire sensiblement, voire d’éliminer pour certains produits, les émissions polluantes (SOx, NOx, particules fines) et dans une moindre mesure les rejets de CO2. Des batteries permettront cependant de pouvoir stopper les moteurs et fonctionner en tout électrique, sans aucun rejet, pendant plusieurs heures, tout en optimisant le reste du temps les appels de puissance ce qui permettra de réduire la consommation en carburant et donc les émissions de gaz à effet de serre.

D’une valeur de 270 millions d’euros, Le Commandant Charcot sera doté de 135 cabines, soit une capacité de 270 passagers, servis par 187 membres d’équipage. Il embarquera deux hélicoptères, des semi-rigides et proposera également des excursions en aéroglisseur et montgolfière. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Port de Nantes Saint-Nazaire | Actualité de la capitainerie Ponant | Toute l'actualité de la compagnie de croisière française