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Où en est l’achèvement de l'Alsace, la première FREMM de défense aérienne ?
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Où en est l’achèvement de l'Alsace, la première FREMM de défense aérienne ?

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L’Alsace, septième frégate multi-missions française et première des deux unités de ce programme optimisées pour la défense aérienne, est actuellement au bassin sur le site Naval Group de Lorient. Mis à l’eau le 18 avril 2019, le bâtiment a passé neuf mois au quai d’armement situé près de la forme de construction de l’ancien arsenal morbihannais, sur la rive gauche du Scorff. Le 23 janvier, elle en est partie pour être remorquée vers l’un des bassins de la rive droite, le n°3, afin de passer en cale sèche. Cette période permet de réaliser le carénage de la coque mais aussi d’installer certains équipements, comme le sonar d’étrave UMS 4110, ainsi que les hélices, qui ne sont pas mis en place lors de la phase d’assemblage. Ce qui n’a pas empêché de débuter l'an dernier les essais de propulsion au quai d'armement, grâce à un système de batteurs permettant de tester la chaîne propulsive sans poussée. Alors qu'une première cérémonie de prise de commandement s'est déroulée à bord le 25 juin, le capitaine de vaisseau Guillaume Garnoix devenant le premier pacha de l'Alsace, la sortie de bassin est prévue en août. 

 

 

L'Alsace en cale sèche au mois de juin (© NAVAL GROUP)

L'Alsace en cale sèche au mois de juin (© NAVAL GROUP)

L'Alsace en cale sèche au mois de juin (© NAVAL GROUP)

L'Alsace en cale sèche au mois de juin (© NAVAL GROUP)

 

Initialement, l’Alsace devait débuter ses essais en mer au mois de mai mais la crise du coronavirus, qui a entrainé l’arrêt presque complet des activités de construction chez Naval Group pendant deux bons mois, a retardé le calendrier. La Marine nationale et l’industriel ont décidé de laisser passer la période estivale, la première sortie au large de Lorient étant renvoyée au mois d’octobre. Le retard doit ensuite être rattrapé afin, comme prévu, de permettre à la flotte française de réceptionner sa nouvelle frégate à l’été 2021. Quant à sa jumelle, la Lorraine, elle sera mise à l’eau en novembre (au lieu de septembre) en vue d’une livraison en 2022.

Ces FREMM DA, destinées à remplacer les frégates antiaériennes Cassard (désarmé en 2018) et Jean Bart (qui sera retiré du service en 2021), complèteront les six premières FREMM françaises, les Aquitaine, Provence, Languedoc, Auvergne, Bretagne et Normandie, admises au service actif entre 2015 et 2020. Les Alsace et Lorraine présentent le même gabarit (142 mètres de long pour 20 mètres de large et 6000 tonnes de déplacement en charge) et un design très similaire, tout en intégrant des évolutions importantes pour assurer le rôle de bâtiments de défense aérienne. Pour remplir cette mission complémentaire, ces frégates sont notamment dotées d’un radar multifonctions Herakles plus puissant, d’un système de combat adapté au contrôle d’un trafic aérien dense sur une large zone et la poursuite de nombreux mobiles. Le Central Opération a été réaménagé et dispose de 18 consoles multifonctions, soit 3 de plus que sur les précédentes FREMM. L’ajout de ces consoles supplémentaires correspond aux besoins spécifiques liés à la mission de défense aérienne.  

Côté armement, la dotation en missiles surface-air Aster 15 et Aster 30 sera doublée (32 au lieu de 16) mais en contrepartie les FREMM DA ne disposeront pas, comme leurs six aînées, de 16 missiles de croisière navals (MdCN). Les FREMM DA bénéficieront par ailleurs de moyens de communication plus puissants et d’une nouvelle conduite de tir pour l’artillerie principale (STIR 1.2 EO Mk2 en lieu et place du système NAJIR) ainsi que de capacités de logement accrues (165 couchages contre 145), l’équipage étant augmenté d’une dizaine de marins par rapport aux premières FREMM (118 au lieu de 109, hors détachement aérien).

 

FREMM DA (© NAVAL GROUP)

FREMM DA (© NAVAL GROUP)

FREMM DA (© NAVAL GROUP)

FREMM DA (© NAVAL GROUP)

 

Extérieurement, les FREMM DA se distinguent surtout au niveau de leur imposant mât, haut de 37 mètres avec une partie basse en acier et une partie haute en aluminium, qui adopte un design « taille de guêpe ». Afin de limiter au maximum l’effet de masque sur l’arrière pour le radar Herakles, la partie centrale de cette mâture est en effet beaucoup plus fine que sur les premières FREMM. Ce qui a représenté un beau challenge technique compte tenu des contraintes qu’une telle structure doit subir en mer entre les mouvements de plateforme et les conditions environnementales. Ce mât a nécessité d’importants travaux de conception, une maquette étant réalisée sur une plateforme d’essais à Toulon afin de valider le design retenu.

Comme les six premières unités de la série, les Alsace et Lorraine seront équipées d'un sonar remorqué à immersion variable Captas 4, huit missiles antinavire Exocet MM40, une tourelle de 76mm, deux canons télé-opérés de 20mm, deux tubes lance-torpilles pour MU90, deux brouilleurs, deux lance-leurres antimissile et deux lance-leurres anti-torpille. Elles pourront embarquer un hélicoptère Caïman Marine et un drone aérien (SDAM). 

Les FREMM DA seront basées à Toulon, en plus des Provence et Languedoc. Quant à l'Auvergne, qui est également stationnée sur la façade méditerranéenne depuis sa livraison, elle doit être repositionnée en 2022 à Brest, où sont basées les Aquitaine, Bretagne et Normandie.

- Voir notre reportage à bord de la FREMM Auvergne

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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