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Commandant Charcot : le défi polaire de Ponant
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Reportage

Commandant Charcot : le défi polaire de Ponant

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Premier paquebot brise-glace de l’industrie de la croisière, Le Commandant Charcot, en cours de construction, est passé une dizaine de jours à Saint-Nazaire au mois de juillet. L’occasion de faire le point sur ce projet, aussi ambitieux que sensible, lancé par Ponant en 2017 après plusieurs années de réflexions et qui va aboutir à un navire unique en son genre. Un bateau prévu pour entrer en service l’année prochaine.

 

(© STIRLING DESION INTERNATIONAL)

(© STIRLING DESION INTERNATIONAL)

 

Objectif Pôle nord le 14 juillet 2021

Mais avec la crise du coronavirus et les retards enregistrés pendant cette période, le navire sera-t-il à l’heure ? C’est la question que Mer et Marine a posé à Charles Gravatte, secrétaire général de Ponant : « La livraison est prévue début mai 2021 mais le planning a été légèrement remis en cause. Nous sommes en train de clarifier les choses avec le chantier. Cependant nous restons aujourd’hui sur une livraison au mois de mai, au plus tard en juin », assure celui-ci. Et d’ajouter que la compagnie veut que Le Commandant Charcot soit « le 14 juillet 2021 au pôle nord » afin d’y faire flotter le pavillon français le jour de la fête nationale.

Une venue à Saint-Nazaire retardée à cause du Covid-19

Le nouveau fleuron de Ponant est réalisé par Vard, filiale du groupe italien Fincantieri. Sa coque a été produite par l’un des chantiers roumains du constructeur, à Tulcea. Fin mars, après sa mise à l’eau, elle est ensuite partie en remorque pour être achevée dans l’un des sites norvégiens de Vard, celui de Søviknes. Avec entretemps un passage prévu à Saint-Nazaire pour installer les deux propulseurs principaux du navire, dont la taille imposante nécessitait une cale sèche de grand gabarit non-disponible en Roumanie et en Norvège. La crise du Covid-19 a néanmoins bouleversé ces plans, Le Commandant Charcot ne pouvant être comme prévu accueilli dans l’estuaire de la Loire en avril, en pleine période de confinement. Il a donc été directement amené en Norvège, où il est arrivé le 28 avril. Après quelques semaines de travaux à quai à Søviknes, la situation sanitaire s’est suffisamment améliorée pour permettre le passage en France. Le remorqueur Pegasus, qui avait assuré le convoyage depuis Tulcea, a donc repris Le Commandant Charcot en charge le 7 juillet, le convoi arrivant finalement le 21 juillet à Saint-Nazaire.

 

Le Commandant Charcot arrivant à Saint-Nazaire le 21 juillet (© FABIEN MONTREUIL)

Le Commandant Charcot arrivant à Saint-Nazaire le 21 juillet (© FABIEN MONTREUIL)

 

 

Le Commandant Charcot arrivant à Saint-Nazaire le 21 juillet (© FABIEN MONTREUIL)

Le Commandant Charcot arrivant à Saint-Nazaire le 21 juillet (© FABIEN MONTREUIL)

Le Commandant Charcot entrant en forme Joubert le 21 juillet (© PHILIP PLISSON)

Le Commandant Charcot entrant en forme Joubert le 21 juillet (© PHILIP PLISSON)

 

Opération très délicate en forme Joubert pour monter les pods

La coque est entrée immédiatement en forme Joubert, où elle a été mise au sec le lendemain. Une opération délicate tant ce navire est spécial, avec sa plage de manœuvre couverte à l’avant et un dispositif spécial de remorquage, constitué d’un grand arceau fixé de chaque côté aux écubiers, qu’il a fallu soulever pour la manœuvre dans la forme. Mais aussi sa poupe, qui s’achève sous la ligne de flottaison par deux structures très fines, des « skegs », plans minces sur lesquels il fallait éviter de faire reposer le poids du bateau. « Ce passage en cale sèche est une opération très technique qui nous a demandé un an de préparation. Nous avons par exemple étudié un plan d’attinage très particulier, avec à l’arrière un tin que nous avons spécialement développé et réalisé afin de soutenir l’arrière du navire. Il a également fallu jouer sur le ballastage car il manquait plus de 600 tonnes à l’arrière en attendant l’installation des pods », explique Guillaume de Williencourt, responsable du département Réparation navale de Clemessy Services.

 

Le tin spécial soutenant la poupe du navire (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le tin spécial soutenant la poupe du navire (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le Commandant Charcot en cale sèche dans la forme Joubert le 24 juillet (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Le Commandant Charcot en cale sèche dans la forme Joubert le 24 juillet (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Filiale du groupe Eiffage, la société, chargée des travaux du Commandant Charcot à Saint-Nazaire, a mobilisé une quarantaine de personnes sur ce chantier, dont trois équipes d’une dizaine de mécaniciens qui se sont relayés en 5x8, ainsi qu’une dizaine d’autres salariés pour la logistique et la supervision. Etaient également présents des techniciens d’ABB, une équipe de Vard et bien sûr des personnels de Ponant. Il a aussi fallu faire venir des Pays-Bas une impressionnante grue Dufour afin de descendre dans la forme Joubert les deux propulseurs d’un poids unitaire de 300 tonnes. Posés sur une traine, à bâbord du navire, ils en ont ensuite fait le tour du Charcot pour rejoindre son arrière et être fixés à la poupe. Les cinq pales de chaque hélice ont ensuite été montées, pour un poids supplémentaire de 50 tonnes par pod.

 

L'un des pods avec la Grue Dufour (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'un des pods avec la Grue Dufour (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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