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Le premier Scorpène brésilien poursuit ses essais en mer
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Le premier Scorpène brésilien poursuit ses essais en mer

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Mis à l’eau en décembre 2018, le Riachuelo, premier des quatre sous-marins du type Scorpène réalisés pour la marine brésilienne, a effectué le 12 août sa première navigation autonome au large du complexe naval d’Itaguaí, où il a été construit. Une sortie uniquement en surface pour le moment, qui a permis notamment de qualifier l'appareil à gouverner et la propulsion.

 

(© MARINA DO BRASIL)

(© MARINA DO BRASIL)

 

Le Riachuelo avait réalisé le 20 novembre dernier sa toute première plongée. Une immersion statique destinée à vérifier le système de ballasts, la pesée exacte en plongée, la stabilité et l’étanchéité du bâtiment long de 71.6 mètres pour un diamètre de 6.2 mètres et un déplacement en surface d’environ 1870 tonnes. Les prochaines étapes seront une nouvelle plongée statique et la première plongée en autonomie, prévues au cours des prochaines semaines.

Dans les mois qui viennent, le Riachuelo va mener plusieurs campagnes d’essais en mer, qui se concluront selon la Marinha do Brasil par des tirs avec les armements qui équiperont le bâtiment, en l’occurrence des torpilles F21 et des missiles antinavire Exocet SM39. Ces essais seront menés sous la supervision d’Itaguaí Construções Navais (ICN), la société commune du groupe brésilien Odebrecht et du Naval Group, en charge du programme PROSUB, lancé en 2008.

Pour l’industriel français, ce dernier porte pour mémoire sur la réalisation en transfert de technologie de quatre Scorpène, l’assistance à la conception des parties non nucléaires du premier sous-marin nucléaire d’attaque brésilien, ainsi que l’aide à la définition, à l’équipement et à la construction du nouveau chantier et de la nouvelle base navale d’Itaguaí, édifiés dans la baie de Sepetiba, à 70 kilomètres sud-ouest de Rio de Janeiro.

Comme ailleurs, le programme a souffert de la crise du coronavirus, qui sévit encore lourdement en Amérique latine. Ce qui génère des retards. « Le Covid a eu un impact sur le programme en termes de sécurité pour le chantier naval. Afin de protéger la santé des équipes industrielles et des personnels de la marine brésilienne, plusieurs mesures et protocoles sanitaires ont été mis en place avec les professionnels de la médecine du travail. Le télétravail a été mis en place de manière systématique dans certains métiers, le port du masque a été imposé, les collaborateurs ont été formés au respect des gestes barrières, la co-activité a été réduite dès que possible afin d'éviter la prise de risque. Par ailleurs, les missions entre la France et le Brésil ont été interrompues. Elles ont repris, avec l'application d'un protocole sanitaire strict. Toutes ces mesures ont eu un impact sur le planning », explique à Mer et Marine une source proche du dossier.

Dans ces conditions, les délais ne pourront pas être tenus et la livraison du Riachuelo, prévue en 2020, est repoussée à 2021. Quant aux trois autres Scorpène brésiliens, qu’en est-il ? L’Humaita, dont la coque a été fermée en octobre 2019, doit pour mémoire rallier la Marinha do Brasil fin 2021, les deux autres sous-marins ((Tonelero et Angostura) étant en cours de construction pour être achevés en 2022 et 2023. « Le programme suit son cours mais les jalons industriels ont été effectivement décalés afin de respecter les régulations brésiliennes mises en place spécifiquement dans ce contexte de crise sanitaire. Ces adaptations des délais ont été co-déterminées avec la Marine brésilienne. Les grands jalons de la fin de l'année sont maintenus, notamment le lancement du sous-marin n°2 Humaita et la fin d'intégration du sous-marin n°3 Tonelero. ».

Pour ce qui est du SNA brésilien, projet piloté en direct par le pays, les études se poursuivent mais la construction n’a toujours pas débuté et la mise à l’eau de ce sous-marin à propulsion nucléaire n’est plus espérée avant 2029.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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