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Incendie du SNA Perle : la lampe, la feuille de plastique et le coffret en bois

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Incendie du SNA Perle : la lampe, la feuille de plastique et le coffret en bois

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A l’occasion de sa prise de fonctions en tant que nouveau chef d’état-major de la Marine nationale, hier à Toulon, l’amiral Pierre Vandier a notamment échangé avec des journalistes présents à cette occasion sur l’incendie qui a ravagé la Perle le 12 juin. Le sous-marin nucléaire d’attaque était pour mémoire en cale sèche dans les bassins de la zone Missiessy, dans le cadre d’un arrêt technique majeur conduit par Naval Group. « On pense que l’incendie est né d’un éclairage qui a commencé à consumer une feuille de plastique en vinyle qui était dans un coffret en bois », a indiqué l’amiral Vandier, dont les propos ont été rapportés par l’AFP. Cette piste serait donc l'hypothèse privilégiée d'une enquête qui est cependant toujours en cours. Ce coffret, ou coffrage, avait été apparemment installé pour éviter la propagation éventuelle d’amiante dans le sous-marin lors des opérations de carénage de la coque.

Alors que les expertises se poursuivent, aucune décision n’a encore été prise quant à l’avenir de la Perle, dont la partie avant a été ravagée mais la partie arrière, abritant notamment sa chaufferie nucléaire, est intacte. Une analyse précise des dégâts, des travaux à entreprendre pour une réparation et des coûts associés doit être présentée le mois prochain à la ministre des Armées, Florence Parly. « Courant octobre, on décidera si on peut reconstruire ce navire et dans quelles conditions, ou si le coût et les aspects techniques font qu'il faudra trouver d'autres solutions », a encore précisé l’amiral Vandier selon l'AFP.

 

La Perle, ici en 2017 en rade de Toulon (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La Perle, ici en 2017 en rade de Toulon (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Mise en service en 1993, la Perle est le plus récent des six unités du type Rubis, et doit normalement être remplacée par le sixième et dernier des nouveaux SNA du type Barracuda, dont la livraison est prévue en 2029. L’incendie du 12 juin est donc d’autant plus grave pour la marine française que son escadrille de SNA en service est temporairement réduite suite au désarmement l’an dernier d’un premier Rubis, le Saphir (1984), second de cette série. Il ne reste donc plus à ce jour que quatre SNA opérationnels : Rubis (1983), Casabianca (1987), Emeraude (1988) et Améthyste (1990). Le Rubis, qui devait être retiré du service en 2017, a déjà été prolongé de trois ans en vue d’un désarmement en cette fin d’année. Mais dans le contexte actuel, il sera peut-être, si cela est techniquement possible, encore maintenu quelques temps.

Pour ce qui est de la succession des Rubis, la tête de série du programme Barracuda, le Suffren, poursuit ses essais en vue d’une livraison normalement prévue au cours de ce second semestre et d’une admission au service actif en 2021, si tout se passe comme prévu. Le Suffren, qui accuse trois ans de retard par rapport au planning initial (ce qui avait entrainé le prolongement du Rubis), doit être suivi d’ici 2025 par ses trois premiers sisterships, les Duguay-Trouin, Tourville et de Grasse. Puis en 2027 et 2029 par les deux derniers Barracuda, qui reprendront les noms de Rubis et Casabianca.

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