Construction Navale
Le brise-glace nucléaire Arktika va rejoindre Mourmansk

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Le brise-glace nucléaire Arktika va rejoindre Mourmansk

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Le brise-glace nucléaire Arktika doit entamer son voyage inaugural vers Mourmansk, en mer de Barents, près des frontières norvégienne et finlandaise, au nord du cercle Arctique. Le navire quittera le Chantier naval de la Baltique, à Saint-Pétersbourg, ce mardi, annonce Rosatom. Il naviguera environ deux semaines, durant lesquelles il sera testé dans des conditions de glace. L’Arktika, long de 173.3 mètres, par 34 de large, est équipé de deux réacteurs nucléaires RITM-200 de 55 MW et capable de franchir des glaces de 2.9 mètres.

Pendant tout l’été, du 23 juin au 16 septembre, le brise-glace a achevé une deuxième phase d’essais en mer dans le Golfe de Finlande et en mer Baltique, après ceux menés en décembre dernier. « Les experts ont testé le système d'alimentation électrique dans les conditions de fonctionnement et les caractéristiques de manœuvrabilité du navire à différents tirants d'eau », indique Rosatom.

La Russie développe une nouvelle flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire, exploitée par Rosatomflot. Elle doit permettre au trafic de la route du Nord d’atteindre 80 millions de tonnes par an et de garder la voie navigable praticable toute l'année à l'horizon 2023-2025. Cette route va, notamment, de plus en plus servir au trafic de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de la zone de Yamal, mais également pour d'autres matières premières.

D'autres brise-glaces

La compagnie russe va mettre en service cinq navires du projet 22220 (classe LK-60Ya), construits à Saint-Pétersbourg. Mis à l’eau en 2016, l’Arktika, dont la construction avait commencé en 2013, est le premier de cette série. À sa mise en service prévue d’ici la fin de l’année, il sera le plus grand et le plus puissant brise-glace du monde, avec la particularité de pouvoir être exploité dans l’embouchure de rivières polaires, grâce à un concept de double tirant d’eau (10.5 mètres ou 8.65 mètres). L’Arktika sera suivi par le Sibir et l’Ural, respectivement lancés par les chantiers de l’Amirauté en 2017 et 2019. Une commande de deux brise-glaces supplémentaires a été passée en août 2019 pour des livraisons programmées de ces navires en 2024 et 2026.

 

(©  ROSATOM)

(©  ROSATOM)

 

Mais un autre projet, baptisé Leader, a été lancé l’an dernier, surclassant tout ce qui a été construit jusqu’ici en la matière. En avril, la Russie a entériné la commande du premier brise-glace géant à propulsion nucléaire du type Leader (ou Lider, projet 10510) pour une mise en service annoncée en 2027. Long de 209 mètres pour une largeur de 47.7 mètres et un déplacement de 69.700 tonnes, il sera construit par Zvezda dans la ville de Bolchoï Kamen dans l’Extrême-Orient russe. Capable de naviguer à une vitesse de 22 nœuds en eaux libres et de franchir une épaisseur de glace de 4 mètres, le Leader affichera une puissance propulsive totale de 120 MW. Il sera équipé de deux réacteurs nucléaires RITM-400 (développés par une filiale de Rosatom, OKBM Afrikantov).

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