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VPDMP : les fusiliers-marins vont devoir encore attendre
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VPDMP : les fusiliers-marins vont devoir encore attendre

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Nouveau retard pour les futurs intercepteurs blindés des fusiliers-marins français, a appris Mer et Marine. Il s’agit du programme des douze vedettes protégées de défense maritime et portuaire (VPDMP), notifié en mars 2018 au chantier Ufast de Quimper par la Direction Générale de l’Armement (DGA). Initialement, les livraisons de ces nouveaux bateaux devaient débuter fin 2019. Mais un premier contretemps était intervenu, du fait de l’obligation de prendre en compte une évolution de la règlementation, qui avait eu pour conséquence une suspension temporaire de la production. Comme nous l’écrivions le 29 novembre dernier, la livraison de la tête de série avait de ce fait été renvoyée au printemps 2020. Ce qui n'a pas été le cas et Ufast ne sera en fait pas en mesure de sortir cette année la première VPDMP, qui n'a pas encore été mise à l'eau. En cause, apparemment, la crise sanitaire. Même si le chantier finistérien a fait partie de ceux qui ont continué à travailler pendant le confinement, il a été confronté à des problèmes externes : « L’avancement des VPDMP a souffert de la crise sanitaire, notamment en ce qui concerne les approvisionnements des sous-traitants qui ont été particulièrement impactés. La production des premières vedettes a repris dans le respect des mesures sanitaires avec un planning mis à jour, dans lequel la livraison de la première vedette doit intervenir début 2021 », explique la DGA à Mer et Marine. Il faudra environ deux ans pour que les douze unités prévues voient le jour.

Ce programme, auquel tient beaucoup la Marine nationale, vise à doter les fusiliers-marins d’embarcations taillées pour la sûreté des approches maritimes des bases navales françaises et de points d’appui à l’étranger. Il s’agit, en particulier, de disposer de capacités adéquates pour neutraliser une attaque terroriste lancée depuis la mer contre des infrastructures portuaires ou des navires militaires, unités de surface comme sous-marins, à quai, au mouillage ou lors de leurs manœuvres d'entrée ou de sortie des bases.

 

VPDMP (

VPDMP (©  UFAST)

 

Longues de 15 mètres et réalisées en matériau composite (CVR), les VPDMP seront dotées d’une propulsion hors-bord, avec quatre moteurs de 350 cv et une vitesse de plus de 40 noeuds à pleine charge. Conçus pour pouvoir conduire des abordages de vive force, ces intercepteurs d'une quinzaine de tonnes pourront résister à des tirs adverses, avec un blindage couvrant notamment la cabine et les parties critiques, comme les moteurs et les réserves à carburant. Ce sera aussi le cas pour les deux postes de tir, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, d’où les fusiliers-marins pourront mettre en œuvre des mitrailleuses lourdes de 7.62 à 12.7mm, et peut-être ultérieurement des missiles MMP. 

En plus de leur équipage de conduite (deux marins), les VPDM pourront embarquer un groupe d’intervention puissamment armé, composé de 8 hommes équipés pour intervenir de jour comme de nuit et même si les conditions météo sont très dégradées.

Dix VPDMP seront livrées aux fusiliers-marins chargés de la protection de Toulon (quatre vedettes prévues), Brest (quatre) et Cherbourg (deux), les deux dernières étant destinées à Djibouti. Ces bateaux pourront néanmoins, le cas échéant et en fonction des besoins, être repositionnés dans d’autres zones. Afin de faciliter leur déploiement rapide en tout point de l’Hexagone, ces embarcations seront livrées par Ufast avec des remorques routières spécialement conçues pour leur transport.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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