Construction Navale
Un chaland électrique pour l'ostréiculture

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Un chaland électrique pour l'ostréiculture

Construction Navale

Ostréiculteur breton, Ivan Selo a investi dans un bateau électrique pour faire découvrir son activité aux touristes, dès 2011. Aujourd’hui, il réfléchit à sauter le pas pour sa barge de travail. Une idée novatrice pour toute la profession.

« Quand je me suis lancé il y a dix ans, tout le monde ricanait », se souvient Ivan Selo, ostréiculteur à la pointe de Toulvern, à Baden. À l’époque, cherchant à diversifier son activité, il fait construire une barge à fond transparent pour amener les visiteurs au cœur des parcs. « Je ne voyais pas hurler dans un micro pour couvrir le bruit du moteur ». Il choisit le monde du silence : la propulsion électrique. Depuis, il a analysé ses avantages de ce choix, d’imaginer ses développements.

Au printemps, entre norovirus et coronavirus, son sillage croise celui de Loys Leclercq du cabinet de design et architecture navale L2Onaval. « Nous cherchons à diminuer l’impact environnemental des activités maritimes, à rendre la navigation la plus propre possible », explique l’architecte naval. Ensemble, ils lancent une réflexion sur un chaland ostréicole 100 % électrique, pour sa propulsion comme pour son tapis de chargement.

50 à 70 % d’énergie en mois

« L’avantage de l’électrique, c’est qu’il coûte cher ! Alors on se creuse la tête pour optimiser les projets », explique Loys Leclercq. Adapter la motorisation et les batteries aux usages réels, alléger la masse du bateau, dessiner une carène économe en énergie… Aujourd’hui dessinée, cette coque de 14 m permettrait de diminuer la consommation d’énergie de 50 à 70 % par rapport à un chaland classique. « Le carburant n’est pas si cher, mais sur 20 ans ? Ma barge touristique est très maniable, n’a pas eu besoin d’entretien, n’émet aucune pollution directe sur le milieu », plaide Ivan Selo, suivi par le comité régional de la conchyliculture.

Adapté à beaucoup de plans d’eau

Capable de transporter 10 tonnes d’huîtres, ce chaland serait équipé de trois pods électriques de 10 kW et de batteries d’environ 55 kWh, pour une vitesse de sept nœuds en pleine charge. Son budget de construction : de 160 000 à 200 000 €. Deux chantiers bretons sont déjà sur les rangs. « C’est un bateau adapté à la baie de Paimpol, au bassin d’Arcachon, à la ria d’Etel… »

Ce mercredi, en route pour le Salon de la conchyliculture, à Vannes, le président de la Région a fait escale au chantier d’Ivan Selo. « La Bretagne doit diminuer ses émissions de CO² de 5 % par an », a rappelé Loïc Chesnais-Girard. Les quelque 1 500 barges ostréicoles pourraient y contribuer. « J’étais très seul en 2011. C’est un projet global pour la profession, important pour notre image », a rappelé l’ostréiculteur qui n’entend pas endosser le risque financier de cette expérimentation. Le projet pourrait bénéficier du plan de relance.

Un article de la rédaction du Télégramme