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Concarneau : baptême chahuté pour le chalutier industriel Scombrus
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Reportage

Concarneau : baptême chahuté pour le chalutier industriel Scombrus

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Bénédiction, discours, marraine et bouteille de champagne… La cérémonie de baptême du Scombrus s’est déroulée dans une atmosphère très sécurisée, vendredi 25 septembre. Difficile toutefois de ne pas entendre les huées, au loin…

Deux salles, deux ambiances dans le port de Concarneau vendredi… Alors que dehors, les manifestants restaient mobilisés, dans le barnum ultra-sécurisé installé sur le terre-plein, au pied du Scombrus, environ 250 personnes invitées prenaient place. Pas de ministre, mais une foule d’officiels, de responsables du monde de la pêche, de marins, quelques élus locaux et des acteurs du monde maritime.

« Sous vos yeux, vous avez le fruit de plus de trente années de collaboration entre deux familles », leur a présenté Antoine Dhellemmes, l’ancien directeur général de l’armement France Pélagique, qui a passé il y a peu le relais à son fils, Geoffroy. Les Concarnois d’un côté et les Vrolijk de l’autre, France Pélagique étant une filiale du groupe néerlandais.

 

(© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

(© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

 

« Nous sommes fiers »

Antoine Dhellemmes a fait part de sa fierté. « Nous sommes fiers d’exploiter nos navires dans le parfait respect des règles européennes, dans le parfait respect des quotas qui nous sont dévolus, a-t-il souligné. Nous sommes fiers d’employer des marins français, nous sommes fiers de leur fidélité. Nous sommes fiers de prodiguer des millions de repas par jour, notamment au continent africain. Nous sommes fiers d’avoir construit ce navire avec les seuls fonds propres de l’entreprise, sans subvention aucune. Nous sommes fiers de n’avoir jamais distribué de dividendes à nos actionnaires mais d’avoir investi l’entièreté de nos résultats dans le renouvellement des actifs de la société ».

« La plupart des stocks sont dans un bon état »

« Un navire comme le Scombrus représente un investissement pour les 25 ans à venir », a quant à elle précisé Annerieke Vrolijk, la présidente du groupe Cornelis Vrolijk, insistant sur « les innovations » du navire, « premier d’une nouvelle génération de chalutiers congélateurs » et « la coopération entre Français et Hollandais ».

La patronne néerlandaise a évoqué les menaces qui, selon elle, pèsent sur la pêche européenne. Le Brexit. Mais aussi « la pression croissante sur l’usage et l’espace maritime. De nombreuses activités se développent, telles que la production d’énergie éolienne, le développement d’aires maritimes protégées, l’extraction de sable. Les zones de pêche tendent à se réduire ». Et la ressource ? « La plupart des stocks se trouvent aujourd’hui dans un bon état », a assuré Annerieke Vrolijk.
Après le discours de Geoffroy Dhellemmes, les invités sont sortis, soulevant, au loin, les huées de manifestants et quelques slogans. Des cris de « Fossoyeurs des océans ! » à peine couverts par une musique d’ambiance, avant que la marraine du géant n’officie et que la bouteille de champagne ne se fracasse à la proue, au son de la corne de brume du navire. 

A la découverte du Scombrus

Avec ses 81 mètres de long, le chalutier « Scombrus » ne passe pas inaperçu. Ce navire de nouvelle génération construit à Gdansk, en Pologne, est un chalutier pélagique congélateur. Il est destiné à pêcher des espèces, soumises à des quotas européens, comme le maquereau (d’où le nom du bateau en latin), la sardine ou du hareng. 26 marins travaillent à bord.

 

Ce chalutier est spécialisé dans la pêche d’espèces pélagiques : maquereau, hareng, chinchard, merlan bleu et sardine. Ces poissons se vendent essentiellement sur les marchés africains, asiatiques et d’Europe de l’Est. Il faut 20 minutes pour déployer le chalut à l’arrière (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Ce chalutier est spécialisé dans la pêche d’espèces pélagiques : maquereau, hareng, chinchard, merlan bleu et sardine. Ces poissons se vendent essentiellement sur les marchés africains, asiatiques et d’Europe de l’Est. Il faut 20 minutes pour déployer le chalut à l’arrière (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

 

Le capitaine Vincent Lebreton montre ici la partie dite « usine » du navire. Le système est automatisé. Du personnel surveille simplement le bon fonctionnement de cette longue chaîne, qui permet de trier les poissons puis les mettre dans des plateaux jusqu’aux congélateurs (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Le capitaine Vincent Lebreton montre ici la partie dite « usine » du navire. Le système est automatisé. Du personnel surveille simplement le bon fonctionnement de cette longue chaîne, qui permet de trier les poissons puis les mettre dans des plateaux jusqu’aux congélateurs (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

 

« C’est le premier chalutier pélagique équipé d’une double installation de propulsion diesel-électrique, explique le capitaine. Les moteurs sont les plus propres existants à ce jour pour la navigation. Ils permettent de consommer moins de carburant que les anciens moteurs. » (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

« C’est le premier chalutier pélagique équipé d’une double installation de propulsion diesel-électrique, explique le capitaine. Les moteurs sont les plus propres existants à ce jour pour la navigation. Ils permettent de consommer moins de carburant que les anciens moteurs. » (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

 

Le poisson est congelé à -25 °C en bloc d’environ 22 kg chacun. Les blocs sont ensuite transportés vers une salle d’emballage, où le poisson est automatiquement emballé dans des boîtes en carton. Mis sur palettes, ils sont ensuite stockés dans de grandes cales, comme ici (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Le poisson est congelé à -25 °C en bloc d’environ 22 kg chacun. Les blocs sont ensuite transportés vers une salle d’emballage, où le poisson est automatiquement emballé dans des boîtes en carton. Mis sur palettes, ils sont ensuite stockés dans de grandes cales, comme ici (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

 

Un capitaine, un second et deux lieutenants occuperont la passerelle. Véritable cerveau du navire, toutes les décisions concernant la navigation et le relevage du chalut seront prises dans ce lieu. Aucune carte papier ne sera présente au profit du tout électronique (© Lionel Le Saux / Le Télégramme)

Un capitaine, un second et deux lieutenants occuperont la passerelle. Véritable cerveau du navire, toutes les décisions concernant la navigation et le relevage du chalut seront prises dans ce lieu. Aucune carte papier ne sera présente au profit du tout électronique (© Lionel Le Saux / Le Télégramme)

 

Les espaces de vie sont relativement spacieux, et confortables. Ici le réfectoire où viennent se restaurer les marins. La construction du Scombrus s’est achevée en avril dernier. Après avoir été formé, l’équipage est parti pour la première fois en pêche en août (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Les espaces de vie sont relativement spacieux, et confortables. Ici le réfectoire où viennent se restaurer les marins. La construction du Scombrus s’est achevée en avril dernier. Après avoir été formé, l’équipage est parti pour la première fois en pêche en août (© Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Article de la rédaction du Télégramme