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Covid 19 : cache-cache avec le commerce international

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Covid 19 : cache-cache avec le commerce international

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Dans son dernier rapport, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) constate une reprise du commerce international après la baisse liée à la Covid-19. Mais les effets persistants de cette pandémie font craindre un redémarrage perturbé. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

Au premier semestre le commerce international a enregistré des baisses importantes. Le confinement d’une grande partie de la population mondiale a perturbé l’économie. Au deuxième trimestre de l’année, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) estime que la diminution du commerce n’a jamais été aussi forte depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’organisation avance le chiffre de 14,3% de moins par rapport à l’année précédente au cours de ces trois mois.

Des sorts différents selon les régions

Ce chiffre s’entend globalement. L’Asie a moins souffert que l’Europe et l’Amérique du nord. En Europe et en Amérique du nord, au cours du deuxième trimestre, les exportations se sont contractées de 24,5% et 21,8% respectivement. En Asie, les exportations ont reculé de 6,1%. Dans le même temps, les importations américaines ont perdu 19,3%. En Europe, les entrées ont diminué de 14,5%. L’Asie a vu ses importations se réduire de 7,1%.

Une baisse globale de 9,2%

Dans son dernier rapport, l’OMC prévoit que le commerce international devrait se réduire de 9,2% sur l’ensemble de l’année. Encore une fois, toutes les régions du monde ne sont pas au même niveau. L’Europe devrait perdre 11,7% de ses exportations sur l’année. L’Amérique du nord se place en première position avec une baisse de 14,7%. Enfin, l’Asie va « sauver les meubles » avec une diminution de 4,5%.
Du côté des importations, la plus forte baisse est à mettre au passif de l’Amérique centrale et du sud avec une diminution de 13,5% de ses entrées. L’Europe devrait voir ce courant se réduire de 10,3%.

L’optimisme estival

Au cours des deux mois de l’été, la reprise du commerce a fait souffler un vent d’optimisme. « Ces estimations sont sujettes à un degré d’incertitude exceptionnellement élevé dans la mesure où elles dépendent de l’évolution de la pandémie et des réponses données par les gouvernements », indique le dernier rapport de l’OMC. Les produits liés à la lutte contre la pandémie ont enregistré une croissance forte. Ils ont augmenté de 92% au premier semestre. L’accélération de l’économie pourrait se ralentir fortement « une fois que la demande aura été épuisée et que les stocks des entreprises auront été reconstitués. Des résultats plus négatifs sont possibles en cas de résurgence de la Covid-19 au quatrième trimestre. »

Une progression de 21,3% en 2021

Quant à l’année 2021, les prévisions ne sont guère optimistes. L’OMC estime que le commerce de marchandise atteindra 21,3%. Un chiffre qui ne permettra pas de retrouver les volumes d’avant la pandémie. Ce volume dépendra, selon l’OMC, des mesures prises par les gouvernements et de la gravité de la « seconde vague » de la pandémie.

Plusieurs facteurs peuvent influer sur la croissance du commerce international. Ainsi, la résurgence de la pandémie et de nouveaux confinements pourraient réduire le PIB de 2 à 3 points. De plus, la politique budgétaire et l’évolution des marchés de l’emploi apparaîtront comme des facteurs importants.

Un scénario optimiste

L’OMC imagine l’avenir aussi sous de meilleurs auspices avec un scénario optimiste. Le déploiement d’un vaccin efficace serait un facteur de croissance supplémentaire de la production. Ensuite, le coup de fouet donné à la croissance économique par de nouveaux secteurs technologiques tels que ceux de l’intelligence artificielle et du commerce électronique pourraient avoir un effet positif. En effet, le commerce de produits électroniques a augmenté de 2% en juin, par rapport à l’année précédente. Une hausse qui s’explique par le recours plus intensif au télétravail. L’achat d’ordinateurs et autres produits par les entreprises et les particuliers ont dopé ce secteur. À l’inverse, la production automobile s’est fortement contractée. En avril, elle a perdu 70% de son volume.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.