Marine Marchande
Brittany Ferries: la Bretagne apporte son soutien financier

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Brittany Ferries: la Bretagne apporte son soutien financier

Marine Marchande

C’était annoncé, Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne, l’a confirmé hier, lors d’une conférence de presse à laquelle Mer et Marine a assisté. « Nous allons voter un budget prévoyant 30 millions d’euros d’aide pour la compagnie Brittany Ferries, dont 15 millions tout de suite ». Les régions Bretagne et Normandie avaient annoncé, dès le mois de septembre, un plan de soutien commun de 85 millions d’euros à l’armement, très lourdement touché par la crise sanitaire et encore davantage fragilisé par la perspective du Brexit.

Cette annonce de l’exécutif breton est donc la première étape de ce plan qui est partagé à parts égales entre les régions Normandie et Bretagne. « Il s’agit dans un premier temps de rassurer les partenaires financiers de Brittany Ferries sur les ambitions des élus à soutenir la compagnie. Ce déblocage de fonds est mené en parallèle avec les négociations que nos régions mènent avec les services de l’Etat ». Depuis plusieurs semaines, les équipes des collectivités normandes et bretonnes travaillent avec le ministère de l’Economie pour trouver d’autres mécanismes d’aide de l’Etat. On se souvient que l’annonce de Jean Castex, en septembre, d’une aide sous forme de mise en place du salaire net, correspondant à une aide de 15 millions d’euros pour BAI, avait suscité la déception de la direction de l’armement et de certains élus locaux. « Les négociations se passent bien. Il y a plusieurs pistes d’aides, qui doivent être euro-compatibles, via le plan de relance ou encore la défiscalisation ».

La région Bretagne, qui, comme la Normandie, est présente au capital des navires, étudie « tous les moyens pour sécuriser BAI. Nous allons différer les loyers et re-répartir la charge de l’entretien des navires ». Loïg Chesnais-Girard n’exclut pas non plus « de rentrer au capital de l’armement lui-même. Le modèle économique de BAI va changer. Nous sommes prêts à étudier toutes les possibilités pour sécuriser Brittany Ferries. Sinon, nous allons perdre un armateur et nous aurons des navires avec des pavillons exotiques et des marins venus de loin ». Même s’il déplore qu’il risque « d’y avoir des pertes d’emplois ».

Ces aides, sous forme d’argent public, ne sont pas sans contreparties. Loïg Chesnais-Girard veut s’assurer que « l’équilibre entre la Bretagne et la Normandie soit respecté et que Brittany Ferries maintienne sa présence à Roscoff et Saint-Malo ». 

De son côté, BAI a présenté hier ses chiffres après une « saison estivale catastrophique en termes de transport de passagers » mais qui voit le fret se maintenir. Ce dernier est resté « relativement stable » et l’armement breton voit même une année 2021 « prometteuse ». « Plusieurs de nos clients fret nous ont fait part de leur volonté d’accroitre l’année prochaine leur niveau d’activité. Ceci pourrait se traduire par une hausse de 15% du transport de camions sur nos lignes reliant le Royaume-Uni à l’Espagne et de 15% sur les lignes Irlande/Espagne. Brittany Ferries transporte annuellement 210 000 unités de fret sur ses douze routes maritimes ». Le repositionnement de la ligne Irlande/Espagne sur la rotation Rosslare-Bilbao s’avère « profitable » et pourrait encore s’améliorer « car de plus en plus d’entreprises en Irlande et en Espagne cherchent une solution pour contourner le Royaume-Uni, dans la perspective du Brexit ».

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