Construction Navale
Propulsion à hydrogène : Hyseas s'installe à Saint-Nazaire

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Propulsion à hydrogène : Hyseas s'installe à Saint-Nazaire

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L’entreprise est née dans le sud, elle a désormais une attache également dans l’ouest, à Saint-Nazaire. Hyseas a été créée en 2015 par Arnaud Vasquez, un marin passé par la Royale et le yachting qui s’est lancé dans l’entrepreneuriat, « pour développer des technologies propres », comme il l’expliquait à Mer et Marine début 2020. Et une conviction : « la pile à hydrogène est la troisième révolution industrielle dans la propulsion maritime. En 1820, il y avait la vapeur et la voile pour un rendement de 10%, en 1920, il y a eu le moteur diesel avec un rendement de 20% ; en 2020, la pile à hydrogène va offrir un rendement de 50%. C’est une nouvelle ère, on arrête de brûler du combustible et la réaction électro-chimique de la pile à hydrogène ouvre la voie d’une véritable décarbonation ».

Depuis cinq ans, à Cannes, il travaille sur la question de la « marinisation » de l’hydrogène. Le stockage, l’approvisionnement, la génération d’énergie, l’intégration à un navire, les contraintes règlementaires, Hyseas développe sa vocation : trouver des solutions clés en main pour les contraintes spécifiques de chaque navigation.

En 2016, il rencontre Yves et Christophe Arnal, les fondateurs des Bateliers de la Côte d’Azur, qui exploitent des vedettes à passagers en rade de Toulon et dans les parcs nationaux de Port-Cros et des Calanques. Ces derniers sont attirés par les technologies décarbonées. Ensemble, ils vont imaginer une vedette nouvelle génération propulsé à l’hydrogène. Le projet est repéré par la société de classification DNV-GL et intégrée au projet de développement Marhysafe. Ce dernier vise au développement d’un navire fonctionnant avec une pile à hydrogène basse température, l’ensemble de son système propulsif et du système de stockage de gaz compressé, sa certification et la formation de son équipage.

Depuis, ce qui est devenu le projet Telo Martius est né : une vedette de 26 mètres pour 200 passagers, monocoque, disposant d’une autonomie de 10h à 12 nœuds, avec une propulsion de 240 kW basée sur une pile à combustible, alimentée par une réserve de 260 kg d’hydrogène compressé. Le tout est certifié DNV-GL 1A LC et dispose des certificats IEC et ATEX.

Parallèlement, les bateliers de la Côte d’Azur et Hyseas ont été le seul lauréat de l’appel d’offres Mobilité Hydrogène lancé par Nicolas Hulot, alors ministre de l’Environnement avec le projet Hynovar. En partenariat avec Engie, la CCI du Var, la métropole Toulon Provence Méditerranée, Cap Energies et le circuit Paul Ricard, il vise, en plus du développement de la navette maritime à hydrogène, l’installation de deux stations de production et de distribution, prévues pour alimenter la navette H2, des flottes de véhicules terrestres légers et les bus de la métropole toulonnaise.

Hyseas et les Bateliers de la Côte d’Azur espèrent voir leur prototype naviguer en 2022. Le chantier de construction n’est pas encore connu. Mais la direction technique d’Hyseas, installée depuis quelques semaines à Saint-Nazaire, a déjà tissé des liens avec l’écosystème naval local de Neopolia. La start-up, qui emploie déjà six personnes, a plusieurs recrutement en cours pour des postes d'ingénieurs et de chefs de projets. Puisqu'il y a aussi d'autres projets en prévision.

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