Marine Marchande
La Méridionale remet à plat son organisation

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La Méridionale remet à plat son organisation

Marine Marchande

La Méridionale veut remettre à plat son organisation. La compagnie, filiale du groupe Stef, a dénoncé au début du mois les accords d’entreprise, a appris Mer et Marine auprès de la CFE CGC Marine, confirmant des informations de presse. La compagnie, qui ne fait « aucun commentaire durant la phase de négociation » , souhaiterait clarifier les règles pour gagner en productivité, être plus efficace et plus agile, dans un contexte marqué notamment par la crise sanitaire et des difficultés sur la délégation de service public (DSP) vers la Corse.

Dans un premier temps, organisations syndicales et direction doivent s’entendre sur un accord de méthode avant d’aborder le fond. Selon le syndicat, la direction souhaite en priorité discuter du temps de travail, des taux de congés et de l’avancement des personnels, mais pas de rémunération. Elle voudrait aller vite, avec deux jours de négociation par semaine pour aboutir à de premiers accords, en particulier sur la ligne vers Tanger qui pourrait débuter début novembre. « Nous serons vigilants à ce que à ce que les nouvelles conditions de La Méridionale soient modernisées et non dégradées », prévient la CFE CGC Marine.

Période délicate

Cette négociation s’inscrit dans un contexte difficile pour la compagnie. L’année 2020, marquée par l’épidémie de coronavirus, devrait être particulièrement délicate. Par ailleurs, la délégation de service publique (DSP) entre Marseille et la Corse reste très incertaine. La Méridionale s’est vue attribuer provisoirement en 2020 les lignes secondaires de Propriano et Porto Vecchio. Les services desservant Bastia, Ajaccio et l’Ile-Rousse ont été confiés à Corsica Linea. Après avoir présenté séparément deux offres pour la DSP, les deux compagnies s’étaient finalement entendues pour créer la première société d'économie mixte à opération unique (SEMOP) en vue de la DSP pour les cinq ports corses pendant sept ans. Mais, fin septembre, l’assemblée de Corse a annoncé que le processus de création ne verrait pas le jour en janvier et que le processus est reporté jusqu'à 2025, d'abord en raison de la crise sanitaire qui empêche la prévision exacte des besoins de transport des mois à venir. En attendant, des concessions provisoires pour l’année 2021 devraient rester dans les conditions actuelles. De plus, l’assemblée de Corse a refusé de régler le montant de 766.5 millions d'euros demandé par les deux armateurs au titre de l'obligation de service public. Un montant jugé trop élevé par la collectivité qui l'avait, elle, estimé à 570 millions d'euros.

Pour faire face, La Méridionale s’est diversifiée en annonçant l’ouverture prochaine d’une ligne à l’international vers Tanger dans le courant de l’automne. Elle a positionné le Girolata et le Pelagos (ex-Liverpool Seaways racheté à DFDS) qui doivent réaliser deux rotations hebdomadaires. Une ligne plus longue que les dessertes corses qui nécessite de mettre en place une organisation spécifique.

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