Marine Marchande
Total veut céder Gazocean à NYK

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Total veut céder Gazocean à NYK

Marine Marchande

Total veut vendre Gazocean à Nippon Yusen Kaisha (NYK). Le géant pétrolier français, qui possède 80% de Gazocean, cherche à vendre ses parts à l’armateur japonais, qui en possède déjà 20%, via une filiale française, Primevere LNG SAS.

Le Comité Social et Economique de Gazocean a été informé fin août du projet de Total. Selon un communiqué des syndicats PSCN CFE-CGC et CFE-CGC Marine, il a rendu un avis « mitigé », mercredi. D’après le texte, les représentant des personnels sédentaires et navigants accueillent cette opération avec « une extrême circonspection ». « Sur les aspects sociaux, les salariés ont exposé leurs vives inquiétudes d'être intégrés à un groupe étranger n’ayant probablement que peu de recul sur les particularismes sociaux et salariaux d'une PME française », préviennent les délégués syndicaux Jean-Emmanuel Crepin et Sylvain Honorat. Ils s’interrogent sur « le maintien de l'expertise du transport de GNL dans notre pays, activité stratégique s'il en est », ainsi que « sur le maintien d’une flotte stratégique dont les méthaniers sont une composante des plus importantes ». Ils s’inquiètent aussi du projet économique et des « conséquences sociales, le repreneur n’ayant apporté en séance que des réponses convenues en pareille circonstance, même si des promesses de développement et d'agrandissement de la flotte ont été faites ».

Gazocean était passé dans le giron de Total en 2018 lors de l’acquisition pour 1.5 milliard de dollars des activités amont GNL d’Engie. La flotte comptait alors trois méthaniers : les LNG Unity (ex-Provalys), LNG Alliance (ex-Gaselys) et Global Energy. Un quatrième les a rejoints en mai dernier, l’Elisa Larus, méthanier de 297 mètres d’une capacité GNL de 173.000 m3 sorti du chantier Hyundai Samho de Mokpo (Corée du sud) et propriété d’une coentreprise créée par le groupe français Geogas et NYK. Il s’agit du premier d’une série de cinq nouveaux méthaniers immatriculés au registre international français (RIF). A ce moment-là, Gazocean comptait 75 officiers français en CDI. L’armateur se voulait prudent sur sa masse salariale car il a rencontré des problèmes techniques sérieux avec certains de ses navires, comme le LNG Unity, immobilisé pendant des mois à Brest pour des travaux sur ses cuves à membranes CS1, dont l’entretien est très complexe.

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