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Comment va se dérouler la réparation du SNA Perle ?
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Comment va se dérouler la réparation du SNA Perle ?

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Victime d’un grave incendie le 12 juin dernier alors qu’il était en cale sèche à Toulon, le sous-marin nucléaire d‘attaque Perle est donc, si tout se passe comme prévu, appelé à reprendre la mer, normalement d’ici 2023. Florence Parly l’a confirmé hier lors d’une intervention vidéo sur les réseaux sociaux. « Depuis le mois de juin, les meilleurs experts de Naval Group, du Service de soutien de la flotte de la Marine nationale et de la Direction générale de l’armement ont travaillé d’arrache-pied afin de me présenter une analyse précise de l’étendue des dommages et les possibilités de réparation. Ces études approfondies ont été menées à bien conjointement par Naval Group et par la Marine. Elles ont été vérifiées par la DGA. Et, je suis en mesure de vous annoncer que nous pouvons réparer la Perle. Je dis bien en premier lieu « nous pouvons », car le chemin qui s’ouvre devant nous est long et ardu », a déclaré la ministre.

 

Les marins pompiers luttant contre l'incendie le 12 juin (© MARINE NATIONALE - THIBAUT CLAISSE

Les marins pompiers luttant contre l'incendie le 12 juin (© MARINE NATIONALE - THIBAUT CLAISSE)

 

Transport sur un navire semi-submersible vers Cherbourg

Opérationnel depuis 1993, le bâtiment est toujours à Toulon où il avait débuté en janvier son ultime arrêt technique majeur (IPER), sous la responsabilité de Naval Group, en vue de son maintien en service jusqu’à la fin de cette décennie. En décembre prochain, il sera transféré à Cherbourg, où se trouve le site de construction de sous-marins de Naval Group. Le transfert sera logiquement réalisé, comme nous le suggérions dans un article paru le 30 septembre, au moyen d’un navire semi-submersible. Un contrat en ce sens est en cours de finalisation avec une compagnie néerlandaise, explique-t-on au ministère des Armées. Il s’agit a priori de Rolldock.

La partie avant de l’ex-Saphir remplacera celle de la Perle

Une fois arrivée à la pointe du Cotentin, la Perle verra sa section avant, celle qui a été endommagée par le sinistre du 12 juin, découpée et démantelée. Deux des quatre tranches (Charly et Delta) sont irrécupérables. Les fortes chaleurs (+ de 600 degrés) ont en effet altéré les qualités mécaniques de cette partie de la coque épaisse et ne permettent donc plus des immersions à grande profondeur. Ne seront gardés que les tiers arrière et milieu, soit les tranches Alfa et Bravo, qui abritent notamment la chaufferie, l’Autorité de sûreté nucléaire de la défense (ASND) ayant donné son feu vert à la remise en service des installations nucléaires du bâtiment. Intacte, cette partie n'a en effet pas été touchées par l’incendie grâce aux efforts des marins-pompiers, qui sont parvenus à sauver le bateau après 14 heures de lutte dans des conditions extrêmement difficiles. Florence Parly leur a d’ailleurs de nouveau rendu hommage hier puisque c’est d’abord leur action qui a fait que le bâtiment est aujourd’hui réparable.

La partie avant de la Perle sera remplacée par cannibalisation d’un autre SNA du même type, en l’occurrence le Saphir, première unité de la série des Rubis désarmée et qui avait rejoint Cherbourg en juillet 2019 en vue du démantèlement de ses installations nucléaires. On notera que la remise en service de ce bâtiment, resté pour le moment en l’état, n’était pas possible du fait de son âge et de défauts sur sa partie arrière ne permettant pas d’envisager une remise en service pour plusieurs années.  

Opérations de découpe et de jonctionnement sur le DME

Cependant, malgré la différence d’âge entre les deux bâtiments (le Saphir avait été mis en service en 1984, soit 9 ans avant la Perle), les études techniques et modélisations numériques ont démontré que la partie avant de la coque du Saphir est structurellement

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