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L’Italie poursuit l’étude de son projet de super-destroyers, la France pas intéressée
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L’Italie poursuit l’étude de son projet de super-destroyers, la France pas intéressée

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En octobre, le ministre italien de la Défense, Lorenzo Guerini, a signé le DPA (documento programmatico pluriennale). Il s’agit du document de planification prévoyant les investissements qui seront engagés par l’Italie au profit de ses armées sur une période de trois ans (2020-2022). Parmi eux se trouve un petit contrat d’études et de levée de risques, très modeste (4.5 millions d’euros sur 2 ans) mais qui permet de maintenir à flot le projet DDX.

Ce dernier porte sur le remplacement des frégates Luigi Durand de la Penne et Francesco Mimbelli. Mis en service en 1993, ces puissants bâtiments de 147.7 mètres de long pour 5400 tonnes de déplacement en charge sont équipés d’un système surface-air SM-1 MR, un système Albatros, 8 missiles antinavire Otomat, une tourelle de 127mm, trois tourelles de 76mm, de l’artillerie légère et des tubes lance-torpilles. Ils peuvent en outre embarquer deux hélicoptères, y compris des EH-101.

 

La frégate italienne Luigi Durand de la Penne (© MICHEL FLOCH)

La frégate italienne Luigi Durand de la Penne (© MICHEL FLOCH)

 

Le rabotage du programme Horizon il y a 15 ans

Leurs aînés, les Audace et Ardito (1972-2006) avaient été remplacés par les frégates Andrea Doria et Caio Duilio (153 mètres, 7700 tpc), livrées en 2007 et 2009 par Fincantieri dans le cadre du programme Horizon, mené en coopération avec la France. Celle-ci s’est pour sa part dotée de deux unités de ce type, les Forbin (2010) et Chevalier Paul (2011), abandonnant pour des raisons budgétaires la construction de deux bâtiments supplémentaires, qui aurait dû remplacer les frégates antiaériennes Cassard (1988) et Jean Bart (1991). Ce fut une grave erreur, tout le monde en convient aujourd’hui. L’Italie aussi réduisit la voilure en annulant deux des quatre Horizon dont elle devait se doter, notamment pour remplacer le vieux croiseur lance-missiles Vittorio Veneto (1969-2003). Et la question de la succession des Durand de la Penne, qui pouvaient encore tenir un certain temps, fut renvoyée à plus tard.

Contrairement à la France, l’Italie n’a pas choisi, comme alternative, d’optimiser pour la défense aérienne deux de ses nouvelles frégates multi-missions (FREMM), dont dix exemplaires ont été réalisés par Fincantieri pour la Marina militare, pourtant sur la base d’une version compacte des Horizon (la France ayant développé un design très différent). Rome, qui mène traditionnellement une politique beaucoup plus volontariste que Paris en matière de soutien à son industrie navale, s’oriente donc plutôt vers le développement d’un nouveau modèle pour assurer la relève des Durand de la Penne. Avec un projet qui surprend par sa taille.

Un gabarit de croiseurs

Pudiquement appelés destroyers, les deux bâtiments du projet DDX s’apparentent en réalité clairement à des croiseurs, une catégorie dont ne dispose plus la Marina militare depuis le désarmement des Andrea Doria et Caio Duilio en 1992, puis du Vittorio Veneto onze ans plus tard. Les dimensions portent pour l’heure sur des unités de 175 mètres de long pour 24 mètres de large et environ 10.000 tpc. Capables d’atteindre 30 nœuds avec une propulsion diesel-électrique complétée par des turbines à gaz, ces bâtiments, selon les caractéristiques provisoires évoquées par la marine italienne, seraient équipés de radars plaques et d’un radar tournant à longue portée, sans doute pour la fonction de défense anti-missiles baltiques (DAMB). Les DDX doivent également avoir une passerelle adoptant du concept « sensory deckhouse » conçu pour les nouveaux Pattugliatore Polivalente d’Altura (PPA) et faisant appel à des outils de réalité augmentée.

Côté armement, ces super-destroyers pourraient embarquer six à huit lanceurs verticaux octuples Sylver, permettant de loger 48

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