Marine Marchande
La coque du Méditerranée de Corsica Linea inspectée à distance par un drone

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La coque du Méditerranée de Corsica Linea inspectée à distance par un drone

Marine Marchande

Un drone sous-marin Seasam de la PME marseillaise Notilo Plus a permis de valider un nouveau concept pour le Bureau Veritas (BV) d’inspection des œuvres vives d’un navire à distance. L’inspection de la coque du Méditerranée, de Corsica Linea, s’est déroulée à l’automne dernier à Marseille, mais elle n’a été rendue publique que mardi. Le BV a pu opérer à distance le système Seasam depuis son siège, à Paris.

 

(© NOTILO PLUS)

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Ce système de petit drone peut fonctionner de façon autonome ou comme un ROV (robot télé-opéré) en filaire. Une fois mis à l’eau (une personne seule peut le faire), il transmet sur l’écran de contrôle des images en HD.

 

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Inspections à distance

Des inspections sous-marines périodiques de la coque ou en cas de dommages sont nécessaires. Elles sont habituellement réalisées par des équipes de plongeurs commerciaux. Pour le BV, il s’agissait d’évaluer la possibilité de proposer à ses clients ces inspections à distance. Après ce test, la société de classification y voit une série d’avantages : opérations plus sûres en évitant d’avoir recours à des plongeurs, réduction du risque de perturbation des opérations du navire, meilleure qualité d’images obtenues par drone grâce à sa stabilité dans l’eau, facilité de déploiement, sans compter une plateforme collaborative et une plateforme de données sécurisées.

« Simplifier la maintenance »

Corsica Linea confirme à Mer et Marine qu’il s’agissait d’une première pour la compagnie. L’armateur souhaitait apporter un coup de pouce à une entreprise locale et tester cette solution qui, pour l’heure, est « uniquement envisagée comme une potentielle piste de progrès pour la maintenance de nos navires ». Elle « pourrait simplifier la maintenance de nos navires et nous permettre de réaliser des relevés sous-marins rapides quelles que soient les conditions de mer, tout en consolidant et en augmentant notre efficacité », indique toutefois Emmanuel Cesari, responsable des surintendants de la compagnie. « Cela pourrait être une contribution utile au savoir-faire et à l'expertise de nos équipes de maintenance ».

Un drone léger

Le drone Seasam mesure environ 60 cm de long, pour 40 cm de large et 20 cm de haut. Pesant neuf kilos, il est équipé de sept moteurs à hélices, pour plus d'agilité, et le propulsant jusqu’à 2.4 nœuds. Il peut être opéré par une personne seule. Ensuite, « il ne requiert pas d’entraînement particulier. On a une manette de contrôle, deux joysticks, c’est comme une manette de console. N’importe qui peut prendre en main le drone en moins de 5 minutes », explique Notilo Plus à Mer et Marine.

Le drone peut être utilisé à la fois comme un drone sous-marin sans fil autonome ou un ROV filaire, « stable et compact ». Selon la PME, dont les effectifs (une trentaine de personnes) se partage entre Marseille et Lyon, il « s’appuie sur une IA précise qui lui permet de facilement repérer et suivre des cibles, de suivre des chemins prédéterminés, d’inspecter de larges zones en ayant recours à l’asservissement et plus encore ». « Le drone a 6 degrés de mouvements. Il peut se déplacer dans toutes les directions et faire des mouvements latéraux tout en restant centré sur la coque », grâce à des technologies de sonar notamment, précise encore  Notilo Plus. « Cela permet d’avoir une image stable, sans avoir besoin de stabiliser le pitch du drone pour avoir une image claire et nette. On peut vraiment faire un arc de cercle autour du bateau pour inspecter toutes les parties, même celles très difficilement accessibles par des plongeurs encombrés par des bouteilles de plongée ou ce genre de choses ».

Par ailleurs, le drone localise les données capturées pour connaître l’emplacement d’une anomalie, par exemple. « Si le drone capture l’image d’une fissure sur la coque, on va savoir exactement où est-ce qu’elle se trouve », indique Notilo Plus. Enfin, le drone sous-marin peut embarquer des senseurs supplémentaires, comme une caméra acoustique, par exemple, grâce à une structure pour les connecter directement.

 

 

« Plus de 500 drones ont été vendus » par la société créée en 2016, qui avait au départ inventé un simple engin de loisir (iBubble). Ils sont produits à Joinville, en France, dans une usine Efis.

Notilo Plus dit aujourd’hui travailler aussi bien avec Vinci Construction pour la construction de digues sous-marines, qu’EDF pour l’inspection de barrage ou encore CMA CGM qui souhaite réaliser des inspections autonomes de la coque de ses navires et a est entré au capital de la start-up. Notilo Plus indique également travailler, en France, mais aussi aux Etats-Unis et en Corée du Sud, avec « avec les sociétés de travaux sous-marins, la recherche scientifique, la Défense ou encore les environnements offshore ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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