Marine Marchande
Grain de Sail se lance dans la conception d’un deuxième cargo à voiles

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Grain de Sail se lance dans la conception d’un deuxième cargo à voiles

Marine Marchande

Grain de Sail se sent pousser des ailes. Son tout nouveau voilier cargo n’est pas encore revenu de sa transatlantique inugurale que le chocolatier morlaisien cogite déjà sur la conception d’une deuxième unité, qu’il souhaite voir arriver rapidement.

Le nouveau navire devrait être deux fois plus grand, mesurer environ 50 mètres, pour embarquer jusqu’à 250 tonnes de marchandises, contre environ 50 tonnes pour le premier navire d’une longueur de 22.9 mètres. « Après cette première traversée, on attend le retour du capitaine Loïc Briand qui est également directeur général de Grain de Sail Shipping, la partie armement maritime. Il aura un rôle à terre de coordination de la construction du prochain navire », indique à Mer et Marine Stefan Gallard, directeur marketing de Grain de Sail.

Vers la constitution d’une flotte

Après un travail préliminaire déjà réalisé, l’entreprise finistérienne espère accoucher d’un « basic design » dans le courant de l’été, pour embrayer avec un appel d’offres en vue de trouver un chantier et lancer la construction dans un an, pour une « mise en opération » en 2023, là où il avait fallu deux ans pour construire le premier.

Vues ses dimensions, il ne pourra être construit par Alumarine, comme la première unité. « Il faut un chantier qui ait la capacité d’accueillir un navire aussi gros et on va chercher quelqu’un qui ait l’expérience des standards de la marine marchande internationale », indique Stefan Gallard. Toutefois, « cela sera une construction assez unique, d’ailleurs l’idée va être de se servir de ce design pour ensuite construire des sisterships ». En effet, après la réalisation du premier bateau prototype pour tester le concept, Grain de Sail envisage maintenant de se constituer progressivement une flotte de voiliers cargo. « C’est aussi pour cela qu’on veut garder autant que possible en interne la conception, car personne d’autre n’aura cette capacité de réflexion et de retour terrain que nous aurons, même si nous n’avons évidemment pas l’intention de tout faire nous-mêmes ».

Reste qu’il faudra que les ventes de chocolat et de café suivent. Pour le moment, l’entreprise affiche une croissance florissante. « Cette année, on fait presque + 60% (de chiffre d’affaires et de production, ndlr), on n’aurait jamais pu imaginer cela. Donc maintenant c’est presque la course pour essayer de sortir un deuxième navire assez rapidement », indique Grain de Sail qui devrait, cette année importer environ les deux tiers de sa production à la voile. A terme, elle espère que toute la matière première arrive grâce à la voile, ce qui nécessiterait « une flotte plus conséquente ». Les quatre derniers mois de 2020, avec l’annonce du lancement du navire ont permis « d’exploser tous les compteurs. En montrant un outil comme ça, qui navigue, on est dans du concret. Il y a eu un effet important sur la renommée du projet et derrière sur les ventes. »

Nouvelles chocolateries

Désormais trop à l’étroit sur les quais de la rivière de Morlaix, l’entreprise, qui fait travailler une cinquantaine de personnes, dont une vingtaine de personnes handicapées, a aussi investi 5.5 millions d’euros dans une nouvelle chocolaterie de 2.500 m2. Elle ouvrira au printemps (en avril ou mai), un peu plus haut, à la Vierge Noire, sur la rive trégoroise de Morlaix. « Elle remplacera notre petite chocolaterie qui est en train de déborder. Cela devenait vraiment compliqué de travailler avec l’outil de production que l’on a actuellement ». Cette année, l’entreprise a produit environ 200 tonnes de chocolat fini (2 millions de tablettes). Dans les nouveaux locaux, elle espère pouvoir produire entre 500 et 600 tonnes par an.

Et ce n’est pas tout, Grain de Sail est en « discussions avancées » pour ouvrir une autre chocolaterie à Dunkerque qui serait couplée avec un navire l’approvisionnant en cacao et café : « C’est un peu l’histoire des comptoirs ».

Retour à Saint-Nazaire

Et Grain de Sail 1 ? Après un trajet aller sans encombre à l’orée de l’hiver pour livrer du vin à New York, le bateau a quitté la neige et les eaux glacées du courant du Labrador pour gagner la République Dominicaine où il est désormais bloqué par des formalités administratives. Mais la goélette en aluminium ne devrait plus tarder à quitter l’île d’Hispaniola pour entamer son retour vers la France et une arrivée prévue à Saint-Nazaire, porte d’entrée pour le déchargement de ses 35 tonnes de cacao bio, fin février ou début mars. D’ors-et-déjà, Stefan Gallard estime qu’il s’agit d’un « bon navire ».

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