Divers
Stratégie portuaire, éolien à Oléron mais peu d’annonces au CIMER

Actualité

Stratégie portuaire, éolien à Oléron mais peu d’annonces au CIMER

Divers

Symboliquement, c’est au Havre, et plus particulièrement à l’ENSM, que s’est tenu le conseil interministériel de la mer (CIMER) vendredi dernier. Le premier ministre Jean Castex y a retrouvé son prédécesseur Édouard Philippe, redevenu maire de la grande ville porturaire normande, et a prononcé un discours qui, après une première partie consacrée à la situation sanitaire et sans réel lien avec le contexte maritime, a donné les grandes lignes des décisions de ce CIMER.

Sans grande surprise, il n’y a pas eu d'annonce majeure. Plutôt des confirmations. D’abord celle de la fusion des trois ports de l’axe sénan, Paris, Rouen et Le Havre, au sein du Grand Port d’Haropa et dont le siège est fixé au Havre. Une nouvelle entité, dont l’existence débutera formellement et pour lequel l’Etat a fixé une « trajectoire d’investissement » de 1.4 milliard d’euros pour la période 2020-27, soit « le doublement des investissements dans les trois implantations », selon les propos de Jean Castex. Ce dernier a annoncé son soutien à Daniel Havis, rouennais et ancien PDG de Matmut, à la présidence du conseil de surveillance de ce « nouvel axe reliant la capitale, le fleuve et la mer », que le premier ministre veut voir comme une des principales portes d’entrées maritimes françaises avec Marseille et Dunkerque.

« Aucun pays ne peut avoir une ambition maritime sans ambition portuaire », martèle le premier ministre qui confirme le lancement d’une stratégie nationale portuaire, « une démarche très offensive pour reconquérir des parts de marché sur nos ports concurrents ». Cette très attendue stratégie nationale « va passer par le développement industriel et logistique, il en va de la survie de ce secteur ». Les détails ne sont pas donnés, mais Matignon annonce « le lancement d’une réflexion sur les mesures fiscales permettant de dynamiser l’attractivité des zones industrialo-portuaires et d’améliorer leur compétitivité vis-à-vis de leurs concurrents européens ».

Le premier ministre a aussi évoqué les grands fonds marins pour lesquels il annonce « une stratégie globale et partenariale », avec les collectivités d’outre-mer et les autres Etats, visant notamment à une meilleure connaissance scientifique. « Les mers et les océans montrent des signes d’essoufflement : il ne s’agit plus seulement d’exploiter des ressources mais de créer des nouvelles énergies dans le cadre d’une protection renforcée ».

Enfin, Jean Castex a annoncé le lancement du futur parc éolien au large d’Oléron (500 MW à 1 GW sur 300 km2), dont le projet devrait prochainement être transmis à la commission nationale du débat public. S’appuyant sur la loi d’accélération et de simplification de l’action publique du 7 décembre 2020, qui devrait permettre une fluidification des procédures, le gouvernement veut « accélérer l’éolien en mer » qui est un « facteur majeur d’emploi ».

En termes d’annonces concrètes ou encore sonnantes et trébuchantes, le premier ministre n’a été pas prolixe et a rappelé le contenu du plan de relance dont il évoque les 650 millions d’euros qui pourraient être dédiés au secteur maritime. Pour mémoire, seuls 220 millions d’euros sont explicitement destinés à l’économie bleue dans le plan de relance, le reste pourrait correspondre à des projets rentrant dans les « mesures transverses ».

Au rang des déçus se trouvent les armateurs, peu évoqués par le premier ministre dans son discours, alors même qu’ils ont travaillé sur un plan stratégique présenté il y a quelques semaines. « Les compagnies maritimes regrettent que les enjeux spécifiques du transport et des services maritimes n’aient pu être à l’ordre du jour. Le secteur du transport et des services maritimes, très impacté par la crise sanitaire, porte un projet stratégique pour sa relance, l’amélioration de sa compétitivité, sa contribution à la transition écologique ainsi qu’à la solidarité et la souveraineté économiques du pays », écrit ainsi Armateurs de France.

©  Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.