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Projet particulièrement complexe qui a déjà pris des années de retard, l’acquisition par le Canada d’une nouvelle composante de grands brise-glaces polaires pour sa Garde côtière semble devoir enfin avancer. Le 6 mai, le gouvernement fédéral a en effet annoncé son intention de commander deux navires, un au chantier Seaspan de Vancouver et l’autre chez Davie à Lévis, au Québec. Ottawa souhaite qu’au moins un des deux navires soit livré d’ici 2030, année où la Garde côtière devra désarmer l'un de ses deux seuls brise-glaces lourds, l’antique Louis St Laurent, en service depuis 1969. Il s'agira ensuite de remplacer le Terry Fox, opérationnel depuis 1983. « Grâce à leurs capacités accrues, ces brise-glaces polaires, plus grands et plus puissants permettront à la Garde côtière de mener des opérations tout au long de l’année dans l’Arctique canadien. Leur plus grande endurance assurera qu’ils peuvent effectuer leurs opérations à des latitudes plus élevées pendant de plus longues périodes, et permettra à la flotte de mieux soutenir les peuples autochtones et les habitants du Nord, de renforcer la souveraineté dans l’Arctique, de faire progresser les sciences de l’Extrême-Arctique, et de mieux répondre aux urgences maritimes », a indiqué le gouvernement canadien.

Reste maintenant à traduire ces annonces en contrats, ce qui devrait encore prendre un peu de temps. « Bien que nous sommes dans l’attente des détails exacts au sujet de la façon dont l'annonce se traduira en travail réel, nous savons que le nouveau brise-glace polaire peut créer des milliers d'emplois et avoir des répercussions majeures à long terme sur l’industrie de la construction navale et les économies du Québec et du Canada. Nous devons lancer le projet sans tarder afin que le nouveau brise-glace polaire offre un stimulant immédiat, matériel et durable à la reprise suite à la pandémie », a déclaré James Davies, président de Chantier Davie. 

 

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© SEASPAN

Le projet de Seaspan pour le futur brise-glace lourd John G. Defender (© SEASPAN/VARD)

 

Pour mémoire, cela fait plus de 10 ans que le projet est sur la table. La commande d’un nouveau brise-glace lourd, le John G. Defender, avait été inscrite dans la Stratégie nationale de construction navale (SNCN) initiée en 2011 pour relancer l’industrie du pays avec un vaste plan de renouvellement des bâtiments de la marine et de la Garde côtière (avec près de 17.5 milliards de dollars canadiens déjà notifiés). Le gouvernement fédéral avait alors décidé de confier la construction du navire à Seaspan sur la base d’un design conçu par Vard. Mais la commande n’a pas encore été signée alors que Davie, initialement exclu de la SNCN (qui a jusque-là bénéficié à Seaspan et Irving), s’est farouchement battu ces dernières années avec le soutien des élus québécois pour obtenir une part du gâteau. Cela a commencé avec la conversion d’un ancien porte-conteneurs, l’Asterix, en bâtiment logistique pour la marine canadienne, puis un contrat pour la transformation de trois ex-navires norvégiens en brise-glaces moyens pour la Garde côtière (deux ont déjà été livrés et le troisième doit l’être cette année).

 

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© DAVIE

L'Astérix avec deux frégates canadiennes du type City (© : DAVIE)

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© GARDE COTIERE CANADIENNE

Le Captain Molly Kool, premier des trois ex-brise-glaces norvégiens convertis par Davie pour la Garde côtière (© : GARDE COTIERE CANADIENNE)

 

Mais jusqu’ici, Davie n’a pas encore été officiellement intégré dans la SNCN, ce qui devrait être prochainement le cas. Le gouvernement canadien dit attendre pour le chantier de Lévis « l’achèvement réussi du processus de sélection en cours en tant que troisième partenaire stratégique pour la construction de grands navires dans le cadre de la SNCN ». 

Reste maintenant à savoir si le futur brise-glace lourd confié à Davie sera une unité neuve ou, de nouveau, un projet de conversion, activité dont le constructeur québécois s’est fait une spécialité. Il a en tous cas déjà proposé au gouvernement fédéral et à la Garde côtière une solution en ce sens il y a plusieurs années. Il s’agit de refondre l’Aviq, un puissant brise-glace de 110 mètres livré en 2012 à la compagnie américaine Edison Chouest mais qui s’était retrouvé sans activité suite à l’abandon des projets de forages pétroliers en Alaska. Interrogé sur cette question par Mer et Marine, Davie ne souhaite pas pour le moment communiquer. On peut seulement remarquer que le chantier s’est, suite à l’annonce gouvernementale du 6 mai, proclamé « Centre nationale de brise-glaces du Canada » avec un logo sur lequel figure la silhouette de l’Aviq.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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L'Aiviq (© DR)

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© DAVIE

Projet de conversion de l'Aviq (© : DAVIE)

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