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Le Marmya, tout nouveau chalutier-coquiller costarmoricain, a été livré hier par le Chantier Naval Croisicais (CNC). Commandée par Pierre Gorin, jeune armateur d’Erquy qui peut ainsi remplacer son ancien bateau récemmeny vendu, cette belle réalisation a représenté un an de travail pour le chantier du Croisic, qui a collaboré sur la partie conception avec le bureau d’études Coprexma de Pont L’Abbé. Sa coque est une évolution de celle du Trehic 2, construit il y a trois ans par CNC, avec une longueur augmentée de 15 centimètres.

Long de 11.95 mètres pour une largeur de 5.4 mètres, le Marmya est un bateau construit en matériau composite (polyester) dont la jauge est de 24.62 UMS. Capable d’atteindre 9.5 nœuds, il est équipé d’un moteur diesel John Deere de 184 kW avec un réducteur W1950 de Masson, qui a également fourni le reste de la chaine propulsive, à savoir la ligne d’arbre et l’hélice placée sous tuyère afin de gagner en force de traction. Doté de trois treuils et trois enrouleurs pour les équipements de pêche, le Marmya est conçu pour le chalutage de fond mais aussi, et surtout, pour la pêche à la coquille Saint-Jacques, qu’il pratiquera environ six mois dans l’année entre les Côtes d’Armor et la Manche. Sa cale réfrigérée présente un volume de 12 m3. Suivant le métier et les saisons, il sera armé par deux à trois marins-pêcheurs, qui disposeront d’un poste d’équipage dimensionné pour trois personnes et équipé d’une belle cuisine.

 

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© CHANTIER NAVAL CROISICAIS

Le Marmya juste avant sa mise à l'eau le 28 septembre (© : CHANTIER NAVAL CROISICAIS)

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© CHANTIER NAVAL CROISICAIS

Le Marmya pendant ses essais le 4 octobre (© : CHANTIER NAVAL CROISICAIS)

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© CHANTIER NAVAL CROISICAIS

Le Marmya de retour de ses essais (© : CHANTIER NAVAL CROISICAIS)

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© CHANTIER NAVAL CROISICAIS

Le Marmya de retour de ses essais (© : CHANTIER NAVAL CROISICAIS)

 

Le chalutier-coquiller, dont la construction a débuté en octobre 2020, est sorti du hall de construction du chantier le 24 septembre et, après quelques travaux de finition en plein air, a été mis à l’eau au moyen de l’élévateur à bateaux du port du Croisic quatre jours plus tard. Cela, en présence de son patron Pierre Gorin, de son épouse Laetitia et de leurs deux enfants, Marvin et Mya, dont les prénoms conjugués ont donné naissance au nom du outil de travail de leur père. Les tests en mer se sont quant à eux achevés lundi 4 octobre avec les essais en pêche, le Marmya donnant parfaitement satisfaction. Désormais paré, il devrait partir ce jeudi pour rejoindre Erquy et devrait participer au début de la saison de la coquille dès la semaine prochaine. 

Mission accomplie donc pour Chantier Naval Croisicais, qui est parvenu à produire ce bateau en moins de 12 mois alors que, suivant le contrat, il avait jusqu’en décembre pour le mettre à l’eau. Une prouesse rendue possible par la mobilisation du constructeur et de ses sous-traitants. « Malgré le délai initial contractuel, notre objectif a toujours été de pouvoir livrer pour fin septembre/début octobre, afin que le client puisse commencer son exploitation dans les meilleures conditions, sachant de plus que la saison de coquille débute en octobre. Ceci a pu aussi se réaliser car toute l’équipe (chantier, équipementiers, installateurs, sous-traitants, administrations) a joué le jeu et a respecté ses engagements. Je tenais à le préciser et le mettre en avant car sans cela, nous n’aurions pas tenu cet objectif », souligne Patrick Pradelle, patron du Chantier Naval Croisicais, très fier de cette nouvelle unité : « On a fini les essais lundi et tout a été satisfaisant, il n'y a pas beaucoup de chantiers qui livrent un bateau moins d'une semaine après sa mise à l'eau », expliquait-il hier à Mer et Marine, non sans émotion. 

Car le Marmya restera aussi comme l'ultime défi relevé par l’équipe historique de CNC, dont la plupart des salariés achèvent leur carrière avec ce dernier bateau. « C’est le fruit du travail d’une équipe de grande valeur qui avait une passion : faire des bateaux et quand on en livre un comme celui là et que le client est aux anges, on peut se dire que l’on a réussi ensemble une belle aventure ».

Bientôt privé du gros de son effectif, le chantier croisicais, fondé en 1988, doit maintenant réfléchir à son avenir (voir notre article à ce sujet).

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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