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Après cinq ans de travail et 25 millions d’euros investis dans le développement d’un gréement innovant, les Chantiers de l’Atlantique ont remporté leurs deux premières commandes pour des navires à propulsion vélique. Ils vont ainsi construire une nouvelle série de paquebots de luxe pour le groupe français Accor et fourniront les mâts et voiles qui équiperont le premier cargo de la jeune compagnie nantaise Neoline. Le début d’une nouvelle aventure pour le constructeur nazairien qui, compte tenu des enjeux autour de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, entrevoit d'importantes perspectives commerciales. Non seulement dans la croisière mais aussi pour la marine marchande, voire d’autres marchés comme la grande plaisance.

Vendredi 13 janvier, à Saint-Nazaire, le grand mât en carbone de la version finale du prototype du système AeolDrive / Solid Sail a été posé avec succès sur sa base métallique installée au bord de l’estuaire de la Loire. Long de 66.6 mètres pour un diamètre de près de 2 mètres et une masse de 20 tonnes, l’imposant tube a été réalisé dans la région de Lorient par cinq sociétés de la « Sailing Valley » du Sud Bretagne (CDK, Lorima, Multiplast, Avel Robotics et SMM). Dans les semaines qui viennent, la grand-voile de 1050 m², constituée de panneaux repliables en composite, sera mise en place et déployée pour une campagne de tests et de qualification (un foc en toile de 450 m² s'ajoutant à cette voile rigide pour atteinte une surface totale de voilure de 1500 m² pour chaque mât). L’ensemble mesure un peu plus de 73 mètres de haut, dont 6.5 mètres pour la base métallique à balestron, qui comprend le système mécanique et électrique permettant à la mâture de tourner à 360 degrés et de s’incliner à 70 degrés. Des mécanismes fournis par la société nantaise NOV-BLM grâce auxquels les navires pourront réduire leur tirant d’air pour passer sous les grands ponts, mais aussi de conserver leurs voiles le plus longtemps possible, y compris lors des chenalages, puisque le gréement pourra s’orienter quel que soit le sens du vent. Cet imposant gréement affichera une masse totale de 140 tonnes.

 

© BERNARD BIGER - CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE

Le mât en carbone de 66 mètres juste avant son installation sur sa base à Saint-Nazaire, le 13 janvier. 

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