Aller au contenu principal

La pandémie a mis un coup d’arrêt brutal aux commandes de paquebots géants. Il n’y en a pas eu depuis plus de deux ans, ni en France, ni ailleurs. Les armateurs, durement éprouvés financièrement par la crise sanitaire, qui a coûté des milliards d’euros au secteur, attendent pour ressortir le chéquier d’éponger un peu leurs dettes et, surtout, un retour à la normale de leur activité et donc de leurs profits. Ce qui n’est toujours pas d’actualité, même si l’amélioration de la situation sanitaire dans de nombreux pays laisse entrevoir un retour aux niveaux de réservation d’avant la crise d’ici la fin de l’année, comme l’expliquait récemment à Mer et Marine le directeur des ventes de la compagnie italienne Costa. Ce qui tendrait à démontrer que la pandémie n’a fondamentalement modifié le comportement des consommateurs de voyages. La reprise semble donc bien s’amorcer en ce début d’année 2022, du moins aux Etats-Unis et en Europe. En Amérique latine, le marché reprend plus timidement, en Océanie la réouverture est encore toute fraîche et l’Asie, qui était devenue le troisième marché mondial, reste sous cloche.

Contraintes sanitaires persistantes et impact de la guerre en Ukraine

Le retour à la normale est conditionné par la reprise dans toutes les régions du monde, à une levée des contraintes sanitaires toujours en vigueur dans la croisière, ce qui corsettent les opérations et douche l’enthousiasme de certains voyageurs, mais aussi au redressement de la logistique aérienne dont dépendent les pré et post-acheminements vers les ports d’embarquement internationaux. Il ne faut pas non plus qu’un nouveau variant du Covid-19 émerge, ni que la situation géopolitique et économique se dégrade. C’est la préoccupation du moment car la guerre en Ukraine a pour conséquence de fermer au tourisme non seulement la mer Noire, mais de plomber aussi la reprise en Baltique, où de nombreuses compagnies opèrent normalement en été. Or, les vives tensions avec la Russie et la suppression dans les itinéraires des escales à Saint-Pétersbourg, qui constituent souvent le moment le plus prisé de ces croisières, a déjà incité des armateurs, comme l’Américain NCL, à annuler l’essentiel de leur saison en Baltique. S’y ajoutent les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien, qui fait exploser le coût du carburant et renchérit donc les frais d’exploitation, tout en impactant le pouvoir d’achat des touristes, dont une partie se veut aussi plus prudente quant à ses déplacements internationaux.

Aller plus loin

Rubriques
Construction navale Croisières
Dossiers
Chantiers de l'Atlantique