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On pensait qu’avec les nouveaux projets annoncés lundi 20 janvier par MSC, les cales des Chantiers de l’Atlantique seraient saturées jusqu’en 2030, avec à livrer d’ici cette date jusqu'à 21 navires de croisière pour l’armateur italo-suisse et le groupe américain RCCL, quatre bâtiments de ravitaillement pour la Marine nationale et plusieurs sous-stations électriques destinées à des champs éoliens offshore, dont celles des futurs parcs français de Guérande, Fécamp et Courseulles-sur-Mer. Mais non, il y a encore de la place pour d’autres paquebots et au moins un projet supplémentaire est prévu sur cette période. Il porterait selon nos informations sur deux à quatre unités haut de gamme connues sous le nom de code « Luxe », que nous avions par erreur attribuées lundi à l’un des nouveaux projets de MSC. Ces bateaux supplémentaires, destinés à un autre armateur, devraient venir s’intercaler entre les unités déjà commandées entre 2024 et 2029.

Des capacités de production probablement augmentées

Si ce nouveau contrat se confirme, ce qui est semble-t-il en bonne voie, cela porterait donc le carnet de commandes des chantiers nazairiens à un total d’au moins 25 navires de croisière à sortir d’ici 2030. Un niveau inédit dans l’histoire du constructeur français, qui a opéré un redressement spectaculaire depuis 2012, époque où il était menacé de disparition. Et cette activité record pourrait encore s’accroître si les capacités industrielles du site sont augmentées. On en revient aux réflexions que nous évoquions en juillet dernier autour de deux possibilités pour atteindre cet objectif. D’abord, construire un à deux nouveaux quais d’armement en bord de Loire, ce qui permettrait d’augmenter le nombre de navires en achèvement à flot simultanément. Cela, en solutionnant les problèmes liés à la taille croissante des très gros paquebots et leur accessibilité au quai d’armement de Penhoët via la forme-écluse Joubert, sans oublier les sorties et entrées de formes pour essais en mer ou livraisons qui demeurent soumises à la météo et ne peuvent avoir lieu en cas de fort vent. Et puis il y a les blocages en cas de mouvements sociaux, comme c’est le cas actuellement. Outre ces nouveaux quais d'armement, si les commandes continuent d’affluer, il serait encore possible de convertir le bassin C en forme de construction. L’ensemble permettrait d’accroître sensiblement les capacités de Saint-Nazaire, qui dispose déjà des plus imposantes infrastructures d’Europe. Il pourrait ainsi disposer d’une capacité de production sans précédent pour un constructeur européen. Pour se donner un ordre d’idée, elle serait équivalente voire supérieure à celles réunies des deux grands chantiers du groupe Meyer Werft (Papenburg en Allemagne et Turku en Finlande).

 

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