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La crise n’a pas été sans effet pour la construction navale à Saint-Nazaire, entre le confinement du printemps 2020 puis les reports de livraisons de paquebots pour des armateurs durement touchés par la pandémie et dont l’activité est pour l’essentiel à l’arrêt depuis plus d’un an. Des difficultés qui obligent les compagnies de croisière à étaler leurs investissements et renvoyer à plus tard certains projets. Pour autant, même si la période post-2025 est des plus incertaines, les Chantiers de l’Atlantique s’en sortent jusqu’ici plutôt bien vu le contexte. « Malgré les étalements nous avons limité la baisse de notre chiffre d’affaires e 2020 à 10% de ce que nous avions budgété », explique à Mer et Marine Laurent Castaing, directeur général de l’entreprise.

Retour de la croissance dès cette année

Il s’est ainsi élevé à 1.677 milliard d’euros, contre 1.867 milliard en 2019, avec même un résultat net en progrès de plus de 7% puisqu’il est passé de 57 à plus de 61 millions d’euros. L’exercice 2020 reste même, malgré la crise, largement supérieur à celui de 2018 (1.457 milliard de chiffre d’affaires pour 22.4 millions de résultat net). Et la direction s’attend pour 2021 à une nouvelle année orientée à la hausse : « Les étalements produisent des effets mais nous allons remonter dès cette année car nous sommes dans une phase de croissance mécanique ». En plus des paquebots et, dans une moindre mesure les sous-stations électriques pour l’éolien offshore, Saint-Nazaire dispose en effet d’un nouveau programme militaire en pleine montée en puissance. Il s’agit des quatre futurs bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) destinés à la Marine nationale. Le premier, dont la construction a débuté en mai 2020, sera livré début 2023, les autres allant suivre en 2025, 2027 et 2029. Et puis il y a aussi les études pour le porte-avions de nouvelle génération (PA-NG), avec un nouveau contrat notifié en février. On ne parle pas encore de travail en production mais ce programme, mené conjointement avec Naval Group, mobilise déjà plusieurs dizaines d’ingénieurs nazairiens.

 

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© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE - NAVAL GROUP

BRF (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

1000 personnes de moins sur le site

Après le trou d’air de 2020, le chantier reprend donc une pente ascendante, à un rythme cependant beaucoup moins soutenu que prévu. Ce qui a des effets sur la production, dont les volumes sont moindres que les prévisionnels d’avant-crise. En cause : l’étalement des commandes de paquebots, qui sont de loin les navires générant le plus d’emplois. Pour autant, contrairement à d’autres acteurs du marché, comme les chantiers allemands et finlandais qui en sont passés par des plans sociaux ces derniers mois, il n’y a pas de crainte à Saint-Nazaire sur le plan social. Cela, même si en un an un millier de personnes en moins travaille sur le site : « Nous avons environ 1000 personnes de moins sur le chantier, avant la crise plus de 8000 personnes y travaillaient quotidiennement, aujourd’hui nous sommes entre 7000 et 8000 ».

La sous-traitance étrangère comme variable d’ajustement

Mais la variable d’ajustement, souligne le patron du chantier, « a été essentiellement la main d’œuvre étrangère, ce qui au passage démontre l’intérêt, quand on a des montées en charge très importantes comme nous avons connu ces dernières années, d’être prudent et de ne pas chercher à tout faire localement. Si cela avait été le cas, nous aurions été obligés a minima de faire du chômage partiel, voire licencier et en tous cas arrêter de recruter pour contenir la masse salariale alors que nous avons toujours besoin d’embaucher certains profils », souligne Laurent Castaing, qui nous confirme que l’entreprise va « continuer de recruter puisque la hausse de notre activité est plus rapide que les baisses liées aux étalements ». 

Concernant ces étalements, le premier report a été celui

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