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La construction et réparation navale est florissante à Concarneau. Après l’Assemblée générale de l’Interprofession de Concarneau, son président, Olivier Sanquer, également président de Barillec Marine, s’est félicité d’un carnet de commande « historiquement haut » pour la construction navale. Il se traduit par 400 millions de chiffres d’affaires réalisé sur l’année écoulée par les près de 50 entreprises du port, représentant autour de 1.500 salariés, dont une large part vient des chantiers Piriou.

L’activité du constructeur breton est portée par les bateaux gris, mais elle reste diversifiée avec notamment la construction du futur Insula Oya III pour desservir l’Ile d’Yeu ou le projet novateur de drague à hydrogène, pour la région Occitanie, premier bateau de travail équipé d’une pile à hydrogène construit en France. « Ce sont des projets enthousiasmants, on va parler d’hydrogène et de bateaux écologiquement responsables », se réjouit Olivier Sanquer. « L’hydrogène, c’est quelque chose qu’on regarde de très près, sur toutes constructions aujourd’hui. Il y a certain nombre de dossiers sur la table. Il y a certes cette drague, mais aussi d’autres choses. Je crois qu’on a toujours su faire des bateaux technologiques, sur Concarneau et il faut rester dans ce mouvement-là ».

Difficultés sur les matériaux et main d’œuvre

Reste quelques ombres au tableau, qui ne concernent d’ailleurs pas que les entreprises concarnoises. La crise des matières premières retarde la livraison de certains matériaux et composants, tout en faisant exploser les prix. Elle bouscule les organisations et amoindri les marges. « On connaît des perturbations », déplore Olivier Sanquer. « On espère que le phénomène va être transitoire et que ça va rentrer dans l’ordre. Pour le moment, on n’a pas encore de décalages des plannings ».

 

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© MER ET MARINE - GAEL COGNE

Olivier Sanquer, président de l'IPC. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

 

Autre difficulté, plus structurelle cette fois : la pénurie de main d’œuvre. Ainsi, se seraient « plusieurs centaines de personnes qui pourraient être recrutées », estime le président de l’IPC. « Il faut déployer beaucoup d’effort pour attirer des talents et ça touche tous les secteurs d’activités ». En conséquence, l’IPC mobilise un groupe de travail sur les ressources humaines pour à la fois attirer de nouveaux salariés et qu’ils restent dans le secteur où, contrainte supplémentaire, il est difficile de se loger.

Modernisation du port

Du côté des infrastructures, le nouveau concessionnaire du port pour 15 ans, Carenco (regroupant la CCIMBO et la Semcar), doit porter d’importants chantiers sur le port largement financés par la Région (25,5 millions d’euros), propriétaire du port depuis 2017. Ils commenceront par la sécurisation du port, en particulier ses accès (1.8 million d’euros). Doivent suivre, le remplacement de la porte de la cale sèche, vieille d’une vingtaine d’années, et surtout sa future couverture (10 millions d’euros) qui doit être réalisée pendant la concession. Il s’agit notamment de sécuriser la planification et d’améliorer l’empreinte environnementale Par ailleurs, la région a lancé l’année dernière une étude en collaboration avec la Ville de Concarneau, la communauté de communes, le syndicat mixte peche plaisance Cornouailles, l’établissement public foncier régional, la CCI et l’IPC pour réfléchir à l’aménagement du port. « Il y a un problème de manque de place, mais aussi des zones à optimiser », observe Olivier Sanquer. Entendues, les entreprises de la réparation/construction font part globalement de leur volonté de « développement », précise-t-il.

Par ailleurs, les tensions autour de la capacité du futur élévateur à bateau à Brest, qui avait fait craindre à Concarneau de voir un port voisin devenir concurrent sur son segment (450 tonnes). Cela n’a pas empêché l’IPC de réitérer sa position par courrier en fin d’année dernière : « faire en sorte que tous les ports aient un maintien de leurs capacités ». Et d’ajouter : « Nous militons pour que s’il y ait des investissements publics, ce soit le sens du maintien des différentes places portuaires, sachant que le nombre de bateaux à maintenir sur nos côtes est connu et constant. »

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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