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Plus de 600 navires professionnels ont été conçus par COPREXMA, bureau d’architecture et d’études navales breton qui célèbre son 35ème anniversaire cette année. La référence dans la pêche est aussi l’architecte du MOLENEZ et de L’ILE D’AIX II, a planché sur la goélette La Recouvrance et a dessiné des dizaines de vedettes et autres navires de servitude. Expert sur tous types de matériaux, COPREXMA est réputé pour concevoir des navires aux carènes optimisées et proposer des solutions les plus adaptées à l’intégration des équipements professionnels, offrant confort et sécurité aux marins. Sa grande expertise des différents modes d’exploitation, des contraintes réglementaires et environnementales lui permet de répondre au plus près des besoins des armateurs et des chantiers navals. Son équipe d’ingénieurs et d’architectes pluridisciplinaires travaille sur des conceptions innovantes pour relever les défis de demain. Alors que la décarbonation du transport maritime doit s’accélérer, COPREXMA apporte des réponses immédiates et pragmatiques pour améliorer l’efficacité énergétique des navires et prépare l’avenir, comme l’explique son dirigeant, Jean-François Ansquer.

 

© Coprexma

Enez Sun – ©Coprexma

 

Cela fait aujourd’hui 35 ans que vous êtes à la tête de COPREXMA. Comment est né le bureau d’architecture navale ?

 

Nous avons racheté en 1987 un bureau d’études existant qui avait été créé dans les années 70. C’était une magnifique opportunité d’entrer immédiatement dans la vie professionnelle alors que nous étions tout juste sortis de la formation en Construction navale dispensée à Saint-Nazaire. Cela nous a permis de parfaire nos connaissances, de bénéficier du soutien de notre prédécesseur et du portefeuille de clients du cabinet, tout en restant indépendants. Nous avons ainsi pu laisser libre court à nos projets et à notre vision de la petite et moyenne construction navale professionnelle qui correspondait justement à la clientèle du cabinet.

 

© Coprexma

Simulation vitesse – ©Coprexma

 

Votre métier est-il différent aujourd’hui ?

 

Si l’essence du métier reste la même, l’évolution des outils informatiques a énormément impacté notre métier : cela a facilité tous les calculs de structure, stabilité, hydrodynamique… ainsi que la réalisation des plans, d’abord en 2 dimensions avec le développement des logiciels de CAO puis, en 3D. Cela a permis d’être beaucoup plus précis dans les modélisations et dans la construction et d’assister au plus près nos clients chantiers navals en aide à la fabrication des navires.   

Mais le plus important ce sont les hommes et les femmes qui ont rejoint l’entreprise. L’équipe s’est étoffée et chacun apporte son expertise ce qui permet de développer l’activité et de répondre à des marchés de plus en plus complexes.  Nous avons ainsi pu concevoir des navires plus imposants et plus techniques… En 1987 nous réalisions une vingtaine d’unités de moins de 25 m par an et aujourd’hui nous travaillons sur des projets de navires de 45 mètres intégrant de nouvelles technologies.  Dans notre équipe d’architectes et d’ingénieurs nous avons des spécialistes matériaux (bois, composite, acier...), des spécialistes de l’hydrodynamique, de l’énergie, sans oublier les aspects réglementaires et sécuritaires sur lesquels nous sommes en veille permanente.

 

Quelles sont les évolutions majeures apportées aux navires depuis 35 ans ?

 

« La première, c’est le développement du composite qui a apporté à la fois plus de résistance mécanique et de légèreté aux constructions. Cela nous a permis de concevoir des navires plus légers, évolutifs et confortables pour de nombreuses applications professionnelles. Et c’est vrai tant sur les coques que sur les équipements conçus en composite. Je regrette que l’engouement initial pour ce matériau ait tendance à diminuer. La raison est probablement un prix de revient plus élevé.

L’arrivée de l’électronique à bord ont rendu nos navires de plus en plus « high tech » et intègrent de nombreux équipements pour la navigation, pour la sécurité, pour la propulsion et plus largement l’aide à la décision. Cela a considérablement amélioré l’opérationnel en appui aux équipages. Pour nous, cela implique aussi d’être en veille permanente sur les évolutions technologiques et de prendre en compte ses divers équipements pour les intégrer de la meilleure manière qu’il soit et faire des offres compétitives.

L’évolution la plus récente et aujourd’hui indispensable se situe dans la production d’énergie et la propulsion des navires avec l’arrivée espérée de nouveaux carburants.

 

© S. Roos Faujour – Sea to sea

Bara An Arvoriz – ©S. Roos Faujour – Sea to sea  

 

Coprexma est réputé pour concevoir des navires optimisés pour les usages professionnels. Quelle est la recette de cette expertise ? 

 

C’est le nombre ! Nous avons conçu plus de 600 navires. Chaque expérience enrichit nos compétences et notre savoir-faire. Nous connaissons parfaitement toutes les contraintes techniques, d’exploitation, réglementaires des navires professionnels et nous avons une longue expérience dans la construction navale sur tous types de matériaux.

Avec l’acier, l’aluminium, le composite, Coprexma est aussi l’un des seuls ayant l’expertise de la construction bois. Un savoir-faire sur lequel s’appuient plusieurs chantiers français.

  

Vous êtes leader en France dans le secteur de la pêche. Comment en êtes-vous arrivés là ?

 

Notre implantation géographique dans la première région de pêche française y est pour beaucoup et sans doute également nos histoires familiales. Pour autant, nous travaillons avec les chantiers de tout le littoral et aussi à l’export, par exemple pour la construction de bateaux de pêche à Madagascar.

Notre activité contribue au développement économique du territoire et nous avons ainsi pu travailler à la conception de navires assurant la continuité territoriale avec les îles en concevant des navires à passagers comme l’ENEZ SUN ou des navires de fret comme le MOLENEZ.

 

© v.Faujour

Molenez – ©v.Faujour

 

La pêche est fortement impactée par la hausse des coûts de carburant. Quelles solutions sont possibles pour la flotte ?

 

Je pense qu’il faut commencer par plus de sobriété. Et ce n’est pas qu’un élément de langage : Il faut adapter au mieux les équipements aux usages réels. Des groupes électrogènes sont parfois surdimensionnés par excès de prudence mais ne servent parfois que trop occasionnellement.

La gestion de l’énergie est une des clés pour une meilleure efficacité : il faut adapter la distribution aux meilleurs cycles énergétiques du navire pour dégager des sources d’économie ou de récupération. Par exemple, les alternateurs attelés deviennent générateurs (PTI/PTO sur le réducteur). Nous travaillons actuellement sur un projet de récupération d’énergie au freinage des engins de pêche.

L’optimisation des carènes, qui demeure notre point fort, est aussi une réponse efficace. Nous proposons des designs hydrodynamiques, la création d’appendices comme des bulbes ou des solutions innovantes comme de Tunnel Of Loc. Ces conceptions permettent déjà un gain de l’ordre de 20% par rapport à des design standards.

Un autre point majeur est l’intégration de systèmes de propulsion innovants. Les constructeurs et les intégrateurs proposent déjà des solutions mais qui restent peu compétitives aujourd’hui. L’hybridation semble un compromis accessible en attendant des technologies de rupture telles que l’hydrogène, l’ammoniac ou tout autre carburant qui devra en outre se penser à l’échelle des territoires.

 

© Coprexma

Tunnel of Loc – ©Coprexma

 

Plus largement, comment accompagner la décarbonation du transport maritime ?

 

Aujourd’hui, en France, les progrès sont freinés par la réglementation. Il faut donc soumettre à l’approbation les nouvelles solutions technologiques. Une partie de notre travail est d’envisager ce qui pourra être aménagé à bord et aussi d’informer les ports sur les infrastructures à mettre en place et les aménagements à réaliser pour accueillir de nouvelles énergies en toute sécurité.

Nous sommes aujourd’hui en relation avec certains concédants comme la Région Bretagne et les services de l’État, au travers de la DGAMPA, nous sollicitent pour aider notamment au recensement des flottes et des besoins en énergie des navires.

 

© Coprexma

Projet Perle de l’Odet – ©Coprexma

 

Quels sont vos projets actuels ?

 

Dans ce contexte nous proposons des bateaux électriques avec de faibles autonomies :  bateaux à passagers et navires évoluant dans les zones portuaires, dans les zones sensibles et protégées telles que les parcs marins ou dans les eaux intérieures. Par exemple, un de nos de nos projets, la Perle de l’Odet, est une vedette fluvio-maritime à passagers hybride électrique conçue de manière à évoluer vers une version hydrogène dès que la technologie et les infrastructures seront disponibles.

Nous misons sur l’hybridation et sur une évolution des pratiques de navigation tout en préparant l’avenir en facilitant le futur déploiement de nouvelles technologies zéro émission qui préserveront notre climat, l’océan et la planète.

Côté entreprise nous modernisons nos locaux qui seront bientôt inaugurés. C’est aussi l’occasion d’améliorer la performance énergétique des bâtiments et d’installer une borne électrique pour nos véhicules et ceux de nos clients. 

 

© Coprexma

 

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