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Le chantier costaromoricain Bord à Bord s’apprête à livrer deux nouveaux Dervinis 620 à la police sénégalaise, a appris Mer et Marine. Ces bateaux en aluminium doivent partir dans les prochains jours par conteneurs pour l’Afrique où ils serviront à la protection des frontières, notamment pour lutter contre les traversées clandestines vers les Canaries.

Le Dervinis 620 (la gamme s’étend de 4.50 mètres à 12 mètres), dessiné par Pierre Delion, est le modèle phare du chantier de Plestin-les-Grèves qui approche la centaine d’unités, puisqu’il a reçu en commande, les numéros 100, 101 et 102. Ces petits bateaux, qui peuvent servir à des professionnels comme des plaisanciers, sont prisés pour l’intervention rapide avec leur capacité à tourner à haute vitesse sans décrocher, leurs bonnes qualités marines ou encore la possibilité de les hisser sur une remorque avec un poids lège de 895 kilos.

 

Diaporama orphelin : container

 

Longs de 6.20 mètres, pour 2.30 de large et un tirant d’eau 30 cm qui permet de « beacher » facilement, les Dervinis vendus pour le Sénégal sont propulsées par des moteurs de 115 chevaux Yamaha ou Suzuki. Déjà, Bord à Bord avait livré quatre Dervinis (deux 450 et deux 620) pour la police et la douane sénégalaises en début d’année, dans le cadre d’un appel d’offres lancé par l’Organisation internationale pour les migrations avec des subventions européennes. Les deux nouvelles unités ont également été acquises grâce à « des fonds européens pour la protection des frontières », explique Loïc Chenaye, directeur du chantier.

 

 

Le chantier trégorrois a par ailleurs en commande un Dervinis 795 pour le centre de formation (CFI) de la SNSM de Brest où il assurera des formations au permis mer, la surveillance et la sécurisation d'événements nautiques, la dispersion de cendres en mer... Armé en quatrième catégorie, le bateau de 7.95 mètres de long, pour 2.9 de large et 85 centimètres de tirant d'eau pourra accueillir 8 personnes, avec une motorisation de 250 chevaux. Il doit être livré au premier trimestre 2022.

 

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© PIERRE DELION - BORD A BORD

(© PIERRE DELION - BORD A BORD)

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© PIERRE DELION - BORD A BORD

(© PIERRE DELION - BORD A BORD)

 

Vitalité

Entre juillet 2020 et 2021, Bord à Bord, qui produit entre 25 et 40 unités par an (en fonction de leur taille pouvant atteindre jusqu'à 18 mètres), a notamment construit la coque du Pass’Sarthe, un catamaran électrique Naviwatt WePro 700 de 7.50 mètres pouvant embarquer 12 passagers et six vélos pour traverser la Sarthe, près d’Angers ; deux bateaux de promenade Galéa 1200 (conçus par Œuvres Vives) pour la Corse ; ou encore un bateau de plongée Pixsea 1200 (Œuvres Vives) de 12 mètres pour la base fédérale d’Hendaye. « Nous avons beaucoup de demandes pour la plongée en ce moment, avec cinq bateaux à faire », précise le directeur du chantier, qui travaille essentiellement avec les cabinets d’architectes Pierre Delion et Œuvres Vives.

 

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© BORD A BORD

Galéa 1200. (© BORD A BORD)

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© BORD A BORD

Pixsea 1200. (© BORD A BORD)

 

Ces commandes et réalisations illustrent la vitalité du chantier qui vend aussi bien en France, qu’à l’Outre-Mer (Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Guyane…), en Europe ou même pour les Etats-Unis. « Le plan de charge est plein, on a une grosse visibilité, on prend des commandes pour fin 2022, début 2023 », commente Loïc Chenaye. Cela se traduit par un chiffre d’affaires qui a « doublé » cette année (l’exercice est bouclé en juillet) et des embauches. « On a doublé notre effectif en trois ans. On est treize, avec huit soudeurs à partir de janvier. Nous avons aussi ouvert un bureau d’étude en internes pour faire de la méthode et conception d’agencement ».

Le chantier travaille aujourd’hui dans un hall de 600 m2, mais il a déposé un permis de construire pour réaliser un deuxième hall, « un peu plus haut et un peu plus équipé », permettant de passer à 1300 m2. Les travaux doivent commencer en début d’année prochaine. « L’objectif, en agrandissant, c’est d’avoir un peu plus de capacité de production pour la chaudronnerie, mais surtout de dégager de l’espace pour les finitions et les aménagements ».

De plus, Bord à Bord, pour qui les professionnels représentent aujourd’hui 90% de l’activité, souhaite se diversifier vers la plaisance, « car on a énormément de demande ». « Nous allons évidemment continuer dans le professionnel, ce n’est pas en question, mais comme on a de la croissance et qu’on va avoir plus de place, plus de personnes, on va pouvoir se permettre de faire plus de plaisance », indique Loïc Chenaye, dont le chantier doit prochainement construire un voilier de 48 pieds.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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