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« Le projet Grain de Sail 2 a commencé il y a un an » raconte Loys Leclercq, architecte naval de L20naval, à Mer et Marine. « Nous avons commencé par reprendre une partie des études de détails du premier bateau, Grain de Sail, puis nous avons travaillé sur l’avant-projet du deuxième navire ».

La chocolaterie morlaisienne poursuit son aventure à la voile, entamée en 2020, avec son premier navire de 24 mètres construit chez Alumarine. Celui-ci, actuellement à New-York, a déjà effectué plusieurs rotations transatlantiques, transportant des produits français, notamment du vin bio vers l’Ouest et ramenant le cacao et le café nécessaires à sa production vers Saint-Malo. « Notre objectif, c’est de transporter 100% de notre matière première à la voile », détaille Stefan Gallard, directeur marketing de Grain de Sail à Mer et Marine. « Nous avons actuellement une nouvelle chocolaterie en construction à Dunkerque. Pour l’alimenter, en plus de celle de Morlaix, il nous faut une capacité de transport d'environ 1000 tonnes par an. D’où la volonté de construire un voilier plus grand, capable de transporter entre 300 et 350 tonnes par voyage ».

L20naval et l’équipe de Grain de Sail ont pris le temps de réfléchir, d’analyser le retour d’expérience du premier voilier. « En plus de nous entourer des bonnes personnes, nous avons voulu prendre le temps de se poser les bonnes questions pour trouver de bonnes réponses. L’entreprise grandit, la cadence s’accélère, mais nous voulions que ce projet de bateau soit assis sur des bases solides. Cela nous permettra d’envisager facilement la construction d’un sister-ship en temps voulu », dit Stefan Gallard.

 

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© L2O NAVAL

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« C’était une démarche très positive d’avoir du temps, nous avons pu beaucoup échanger avec les marins, les chantiers, des commandants de navires de charge. L’idée était de rester ouvert, d’étudier toutes les solutions pour répondre aux contraintes techniques, à savoir une capacité de transport de 250 palettes et une jauge inférieure à 500 UMS », détaille Loys Leclerq. « Nous avons dessiné beaucoup de versions, on a regardé tout ce qui faisait en termes de voiles, on a comparé les matériaux pour la coque. Le tout en essayant de simplifier au maximum le design ». Si la jauge et le port en lourd étaient imposés, en revanche aucune contrainte de vitesse n’a été fixée par Grain de Sail. « L'idée était de leur proposer un navire cohérent et de leur dire en combien de temps on pouvait envisager de faire la traversée. Mais il n’y avait aucune pression de leur part. L’objectif principal est vraiment de naviguer uniquement à la voile et de n’utiliser la propulsion mécanique que pour les manœuvres de port ».

 

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© L2O NAVAL

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Ce navire cohérent va donc être une goélette de 52 mètres de long pour 11 mètres de large, avec un tirant d’air de 50 mètres et 1200 m2 de surface de voilure, « efficace même dans du petit temps ». Tous les types de gréement ont été considérés, de la Solid Sail au Dynarig, en passant par les kites. C’est finalement un gréement goélette classique qui a été retenu. « Pour la coque, on a envisagé l’acier, mais l’alu s’est avéré plus efficace pour répondre au mieux aux contraintes de cargaison et de jauge. Le surpoids d’une coque acier enfonce le navire et réduit le franc-bord que nous ne pouvons augmenter sans impact sur le port en lourd, à cause de la jauge maximale. A jauge égale, si on élève le pont principal, on doit diminuer la longueur ou la largeur du navire, et ainsi réduire le nombre de palettes transportées. Par ailleurs, alourdir le navire demande d’augmenter la taille du gréement si nous voulons conserver les mêmes performances, gréement plus grand qui représente un surcoût, un impact environnemental plus élevé et des efforts plus importants, donc des opérations plus délicates. L'alu nous permet aussi de conserver un air de famille avec le premier Grain de Sail ». Deux cales à deux niveaux pourront être remplies par deux grues hydrauliques téléscopiques, permettant une autonomie de manutention. Une assistance mécanique aux winchs sera alimentée par des panneaux solaires et des hydrogénérateurs. Selon les calculs et les études météo, la traversée transatlantique devrait prendre environ deux semaines.

Les plans sont prêts, Grain de sail devrait prochainement annoncer le chantier lauréat pour cette construction neuve. « Nous espérons lancer la construction au printemps prochain et pouvoir envisager un démarrage des opérations fin 2023 », dit Stefan Gallard. Pour le premier Grain de Sail, l’entreprise a déjà des idées : « Nous allons le garder bien sûr et peut-être l’utiliser pour du cabotage en Europe, en Méditerranée ou en Afrique du Nord. On a déjà pas mal d’idées ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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