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Ce sera le premier bateau de travail équipé d’une pile à hydrogène construit en France. Le groupe Piriou a annoncé hier avoir remporté l’appel d’offres de la région Occitanie pour la construction d’une drague de 70 mètres de long pour 13.6 de large. Elle remplacera, à Sète, la Cap Croisette datant de 1976.

Pour répondre à ce marché innovant, Piriou s’est appuyé sur le cabinet d’architecture navale LMG Marin France, filiale toulousaine du groupe norvégien éponyme, et qui a déjà à son actif le design et la conception de navires à hydrogène (avec notamment deux ferries pour Norled, le projet Topeka pour Wilhelmsen ou encore la péniche parisienne de CFT). 

« Ca a été un appel d'offres exigeant qui a aussi montré l'ambition forte de la région Occitanie, qui s'est révélée précurseure en matière d'hydrogène » dit Vincent Rudelle, directeur de LMG Marine France à Mer et Marine. Les études démarrent en ce moment même à Toulouse où le cabinet a recruté pour ce contrat. LMG Marin France va assurer l'ingénierie, la conception du système hydrogène et effectuer toutes les analyses de risques. Le cabinet va assurer toutes les procédures d'approbation avec la classe et le pavillon pour l'ensemble des équipements à bord. En effet, en l'absence, pour le moment, de réglementation spécifique pour l'hydrogène, c'est le code IGF qui s'applique et qui, par conséquent, nécessite une adaptation et autorisation spécifique.

 

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© PIRIOU

(© PIRIOU)

 

La future drague accueillera une propulsion hybride de 2500 kW avec quatre groupes, une pile à hydrogène et des conteneurs d’hydrogène chargés à l’avant du navire. L’alimentation hydrogène est prévue pour assurer le fonctionnement du navire à quai et au mouillage. Le navire sera équipé de deux propulseurs orientables de 700 kW et un propulseur d’étrave de 480 kW. Il pourra naviguer à 11 nœuds.

En termes de dragage, le navire affiche des capacités supérieures à 50% par rapport à celles du Cap Croisette. Le puits, d’une capacité de 1500 m3, pourra être rempli en moins de 20 minutes grâce à une élinde de 500 mm et une pompe, entraînée par un moteur électrique à vitesse variable, de 6000 m3/h. D’abord destinée au dragage des sédiments dans les chenaux portuaires occitans, la nouvelle drague pourra également prélever du sable pour regarnir les plages du littoral. Pour cela, l’élinde peut être rallongée pour atteindre une profondeur de 32 mètres.

La navire devrait être livré à Sète au troisième trimestre 2023.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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