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On a bien cru à la grosse tuile mais, finalement, tout est semble-t-il rentré dans l’ordre… Dimanche dernier, lors de la seconde sortie en mer de l’Europa 2, l’un des deux moteurs Mermaid (de type pod) fournis par General Electric (ex-Converteam) pour assurer la propulsion du nouveau navire de croisière réalisé à Saint-Nazaire a rencontré des problèmes. A la grande surprise des ingénieurs et techniciens puisque les premiers essais, réalisés du 16 au 18 mars et portant notamment sur la propulsion et la manoeuvrabilité, s’étaient parfaitement déroulés, à la satisfaction des chantiers, de l’armateur (la compagnie allemande Hapag-Lloyd Cruises) et de la société de classification. La sortie effectuée dimanche dernier n’était d’ailleurs pas en lien avec les essais « officiels ». A la demande de l’armateur, cette nouvelle navigation avait seulement pour but de tester les installations hôtelières (fonctionnement des bouilleurs pour la production d’eau douce, vérification du niveau de vibration de certains locaux après des réglages…) afin que le navire soit au meilleur niveau dès sa mise en service (pour ce contrat l’exigence est extrême puisque l’Europa 2 doit proposer les standards les plus élevés de l’industrie de la croisière). Or, après l’appareillage, l’un des deux pods s’est contre toute attente montré capricieux, obligeant apparemment le navire à évoluer sur un seul moteur (configuration qui n'engage pas la sécurité et n'empêche pas le bateau de manoeuvrer mais qui ne pouvait évidemment demeurer en l'état).

 

 

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© STX FRANCE - BERNARD BIGER

Pod Mermaid, ici sur le BPC Dixmude (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

 

Simple erreur de branchement

 

 

Responsable de cet équipement, General Electric a été prié d'intervenir pour solutionner au plus vite ce problème. D’autant qu'il est survenu à un moment critique, puisque l’Europa 2 sera livré dans 10 jours. On imagine donc l’appréhension qui a pu circuler chez STX France et Hapag-Lloyd en cette phase finale de projet, période traditionnellement toujours un peu tendue. Heureusement, quand le verdict des expertises est tombé hier, l'heure était au soulagement. Les spécialistes de GE ont identifié et solutionné le problème, qui provenait simplement d'un mauvais branchement (apparemment sur un convertisseur). Le pod est donc opérationnel et tout le monde a pu respirer un grand coup. Malgré tout, une nouvelle sortie en mer devrait avoir lieu en fin de semaine afin de vérifier que tout est parfaitement en ordre au niveau de la propulsion.

 

 

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© KEVIN IZORCE

L'Europa 2 (© : KEVIN IZORCE)

 

 

C’est le 26 avril qu’Hapag-Lloyd doit prendre livraison de l’Europa 2. Long de 225.4 mètres pour une largeur de 26.7 mètres, le navire, qui présente une jauge de 39.500 GT et pourra accueillir dans le plus grand luxe un peu plus de 300 passagers, est équipé de deux pods Mermaid d’une puissance de 8 MW. Il s'agit de moteurs électriques placés dans des nacelles orientables, servant à la fois de propulseurs et de gouvernails, une architecture qui offre une meilleure manoeuvrabilité et permet de se dispenser des traditionnelles lignes d’arbres.

Conçus à la fin des années 90 par Rolls-Royce et Alstom Power Conversion (devenu Converteam en 2006 et racheté en 2011 par le groupe américain General Electric) et mis en service en 2000 sur les paquebots de la classe Millennium, les Mermaid ont connu des débuts difficiles mais cette technologie est aujourd'hui parfaitement maîtrisée et éprouvée. Au fil des années, ces pods ont été améliorés et fiabilisés, fonctionnant par exemple parfaitement sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral de la marine française, en service depuis 2006. (voir notre article sur l'évolution des pods Mermaid).

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