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Les Chantiers de l’Atlantique et l’armateur italo-suisse MSC Cruises ont célébré hier, à Saint-Nazaire, la mise à l’eau du MSC World Europa, premier d’une nouvelle génération de paquebots géants propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL). Et dans le même temps, ils ont procédé à la  mise sur cale d'un premier bloc de 479 tonnes du futur MSC Euribia, cinquième et dernier paquebot de la classe Meraviglia et premier de la série fonctionnant au GNL. 

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Pendant la cérémonie des pièces marquant la mise sur cale du MSC Euribia, hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Ces navires, qui entreront en service en octobre 2022 et en mai 2023, feront partie des plus gros paquebots du monde. Le premier, qui porte le numéro de coque W34, mesure 333.3 mètres de long pour 47 mètres de large et 68 mètres de haut, pour une jauge de 205.700 GT. Il comptera 2633 cabines. Quant au V34, futur MSC Euribia, il reprend le design des MSC Grandiosa (G34) et MSC Virtuosa (H34), unités de 331.4 mètres de long, 181.500 GT de jauge et 2440 cabines livrées en octobre 2019 et février 2021.

 

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© BERNARD BIGER

Le MSC Virtuosa, livré cette année par les Chantiers de l'Atlantique (© : BERNARD BIGER)

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Les équipes de MSC et des Chantiers au pied du W34 avant sa mise à l'eau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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Le MSC World Europa lors de son transfert cette nuit au bassin C (© : BERNARD BIGER)

 

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Le MSC World Europa lors de son transfert cette nuit au bassin C (© : BERNARD BIGER)

 

Adieu le fuel lourd, avec ces nouveaux paquebots, le constructeur français et son client entrent de plein pied dans la transition énergétique de l’industrie de la croisière, souvent décriée pour son impact environnemental, en particulier en matière de pollution atmosphérique. Le GNL est en effet une solution aux rejets nocifs pour la santé, puisqu’il élimine ou réduit à leur portion congrue les oxydes de soufre (SOx), les particules fines et les oxydes d’azote (NOx). Et dans le même temps, il permet de diminuer assez sensiblement les émissions de dioxyde de carbone (CO2), avec ici un objectif de 30% de moins par rapport aux carburants traditionnels. Mais les chantiers et la compagnie le savent, ces gains, bien que très appréciables, ne constituent qu’une première étape. Car ils ne sont pas encore suffisants pour atteindre les objectifs internationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui visent les 50%. Alors ils travaillent sur de nouvelles solutions. Le MSC World Europa sera, ainsi, équipé d’un démonstrateur de piles à combustible fonctionnant comme les moteurs du navire au GNL (avec pour commencer un petit système de 150 kW). Une technologie qui pourrait permettre de réduire de 30% encore les rejets de CO2 et, ainsi, d’atteindre les fameux objectifs, voire les dépasser.

Et puis il y a aussi tout un travail à mener sur le GNL, qui pour être pertinent doit être le plus vertueux possible dès sa production. C’est pourquoi Pierfrancesco Vago, président de MSC Cruises, a appelé hier à « l’accélération du développement de la chaîne d’approvisionnement en bio-GNL », mais aussi « des piles à combustible » adaptées à un emploi marin, tout en rappelant que la compagnie et les chantiers travaillent sur d’autres solutions d’avenir, comme l’hydrogène.

Alors que la MSC Cruises vise le « zéro émission net » d’ici 2050, Laurent Castaing, directeur général des Chantiers de l’Atlantique, affirme déjà que « le MSC World Europa aura, à sa mise en service en octobre 2022, la meilleure empreinte environnementale par passager et par jour du marché ». C’est, dit-il, le résultat d’importants efforts consentis depuis des années dans l’amélioration des technologies existantes et les innovations qui ont vu le jour : « Les navires émettent 40% de CO2 qu’il y a quarante ans et nous avons fait des progrès très importants pour réduire l’empreinte environnementale de nos navires depuis le lancement de notre programme Ecorizon en 2008 : réduction de la consommation des navires en optimisant notamment l’hydrodynamisme des coques et la motorisation, traitement des gaz d’échappement, des eaux usées et des déchets, mais aussi diminution des bruits rayonnés dans la mer. Nous sommes très fiers de ces améliorations et nous allons continuer ».

 

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Pierfrancesco Vago et Laurent Castaing, hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dans son discours, le patron des chantiers a aussi rendu un hommage appuyé au groupe Mediterranean Shipping Company créé et détenu par la famille Aponte. Les MSC World Europa et MSC Euribia sont en effet les 15ème et 16ème paquebots construits pour l’armateur à Saint-Nazaire, d’où le premier, le MSC Lirica, est sorti en 2003. « Ce partenariat avec MSC et la famille Aponte a représenté plus de 60 millions d’heures de travail et près de 4000 familles dans notre région vivent grâce aux commandes de MSC ». « D’ici 2023, nous aurons construit ensemble 19 navires pour un investissement global de 20.5 milliards d’euros, ce qui place MSC en tête des investisseurs étrangers sur le sol français. Nous avons ainsi contribué à revitaliser le bassin de Saint-Nazaire et faire rayonner son savoir-faire partout dans le monde », ajoute Pierfrancesco Vago. Sans oublier que le groupe, qui avant la croisière est l’un des leaders mondiaux du transport maritime conteneurisé, est aussi très présent dans les ports de commerce français, notamment au Havre et à Marseille.

Un message, et un rappel, peut-être adressés au gouvernement français alors que de nouvelles commandes de paquebots demeurent en suspens. En effet, si le MSC Euribia clôture la série des cinq Meraviglia, dont les quatre premiers exemplaires ont été livrés entre 2017 et 2021, le MSC World Europa est sensé inaugurer une classe de quatre nouveaux navires. Or, pour le moment, seuls deux ont été commandés. Alors que la livraison du second a, suite à la crise sanitaire, été reportée de 2024 à 2025, les deux suivants demeurent en option et on sait l’importance que joue l’Etat, et notamment les services de Bercy, dans la conclusion des montages financiers. Outre ces paquebots géants, il y a également le projet de deux à quatre voiliers de croisière qui doivent être basés sur le concept Silenseas des Chantiers de l’Atlantique, qui comprend les systèmes innovants de gréement et de voile AeolDrive/SolidSail dont un prototype vient d’être érigé à Saint-Nazaire. Et il avait été aussi question, lors d'annonces à Matignon en janvier 2020, de quatre autres grands paquebots à la fin de cette décennie. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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Le prototype d'AeolDrive/SolidSail (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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